Craignant la réorganisation en cours de la Françafrique pour la reconquête de sa position d’antan au Gabon, Ensemble pour le Gabon (EPG) s’active. Le 9 juillet à Libreville, le président de ce parti politique a lancé un appel pour la mise en place d’une coalition internationale contre la Françafrique.

Dieudonné Minlama lors de sa déclaration, le 9 juillet 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

La diffusion du très polémique «Complément d’enquête» sur France 2 a heurté Dieudonné Minlama. 72 heures après la diffusion de ce documentaire, le président d’Ensemble pour le Gabon (EPG) a lancé un appel pour la mise en place d’une coalition internationale contre la Françafrique, le 9 juillet à Libreville.

«Pour l’éthique la morale et la bonne gouvernance, j’invite aussi les nouvelles forces françaises incarnées par le président Macron, pour qu’ensemble avec les élites gabonaises et africaines, cette coalition internationale puisse se mettre debout et mettre hors d’état de nuire la Françafrique», a déclaré Dieudonné Minlama, qui ne pouvait rester insensible face au contenu du documentaire diffusé sur la chaine publique française.

«L’enseignement primordial que j’ai retenu de ce documentaire est qu’en réalité nous avons deux systèmes politiques, deux systèmes de gouvernance animant la vie politique dans notre pays», a révélé le président d’EPG, évoquant l’«ordre ancien» incarné 41 ans par le président Omar Bongo et la «rupture contre l’ordre ancien», notamment la Françafrique, avec Ali Bongo.

Selon Dieudonné Minlama, l’«ordre ancien» repose sur trois piliers dont le premier est la Françafrique. «Monsieur Bourgi nous a décrit de façon très claire ce qu’est la Françafrique et son impact sur le développement du pays, le choix de nos dirigeants et l’avenir du pays et des générations futures», a-t-il détaillé. Le deuxième pilier de ce système est l’éternelle confusion entre le clan Bongo et l’Etat. «Pour moi, le clan Bongo n’est pas uniquement la famille biologique des Bongo. Mais aussi d’autres familles et personnalités gabonaises que nous connaissons», a affirmé Dieudonné Minlama.

Le troisième pilier enfin repose sur le «système économique du Gabon basé 40 ans durant sur l’extraction des ressources minières et pétrolières, avec une très forte présence de partenaires français». S’agissant du second mode de gouvernance mis en lumière par l’élément de France 2, Dieudonné Minlama a rappelé : «Monsieur Bourgi nous a enseigné que la Françafrique a été écartée. Il nous a même dit qu’elle était au purgatoire. Et il nous a également montré qu’en dépit de sa position actuelle, la Françafrique se réorganise pour reprendre la place qui a toujours été la sienne dans notre pays».

D’où l’appel à la mise en place d’une coalition internationale contre la Françafrique. D’autant que la rupture contre ce système rencontrerait d’énormes blocages. «Et c’est pour cette raison que les Gabonais ont le devoir de choisir entre l’ordre ancien et la rupture pour dire : plus jamais ça ! Afin que nos ressources servent d’abord à développer notre pays», a déclaré Dieudonné Minlama.

«En ce qui me concerne je m’engage totalement et entièrement pour la rupture totale avec l’ordre ancien. Je demande à tous les Gabonais de soutenir cette politique, nous n’avons pas intérêt à reculer», a-t-il conclu.