A l’occasion du Conseil d’administration de l’Agence d’exécution des activités de la filière forêt-bois (AEAFFB), le 22 mars 2018 à Libreville, son directeur général, Harnold Jean-Marie Ntoutoume, s’est prêté aux questions des journalistes, brossant le bilan 2017 et les perspectives en 2018.

Harnold Jean-Marie Ntoutoume espère que l’AEAFFB boostera et impulsera une
nouvelle dynamique à la filière forêt-bois. © Gabonreview

 

Quel est l’ordre du jour de ce conseil d’administration ?

Harnold Jean-Marie Ntoutoume : Nous sommes là pour réfléchir sur l’état de la structure afin de prendre des mesures de nature à booster la filière, à impulser une dynamique sur des plans variés. Ce Conseil d’administration nous permet d’examiner le bilan d’activités, les perspectives 2018 de l’Agence, mais aussi, nous allons valider le projet de statuts de cette entité.

En termes de bilan, que retenir de l’année 2017 à l’AEAFFB ?

L’Agence d’exécution a essentiellement travaillé à mettre en œuvre un projet qui permettra aux décideurs de répondre à un certain nombre de problématiques. Il y a également de choses qui ont été faites pour les communautés locales auxquelles les autorités pensent. Parce que dans le cadre du Projet appui à l’apiculture, on a notamment mené un certain nombre d’actions pour impliquer les communautés locales dans la culture du miel comme activité pouvant générer des revenus. C’est une façon de mettre en place des mécanismes de lutte contre la pauvreté, contre la vie chère.

Dans le cadre du Plan de relance de l’économie (PRE), nous avons une mission qui nous a été assignée. Il s’agit de mener la réflexion, de faire des propositions pour ce qui est de la traçabilité du bois. C’est à dire une cellule qui veillera à la légalité où à la traçabilité du bois. C’est une problématique qui trouvera certainement une solution dans le cadre du Projet d’Appui à la filière forêt-bois que nous avons récemment lancé. Vous savez que c’est un peu la crise en ce moment. Et les différents personnels doivent, de mon point de vue, être plus créatifs, plus ingénieux pour aller proposer des solutions aux décideurs afin d’essayer de faire entrer de l’argent dans les caisses de l’Agence. Il faut initier des activités de nature à générer des recettes pour ne pas trop compter sur la subvention de l’Etat.

Les membres du Conseil d’administration de l’AEAFFB en travaux, le 22 mars 2018 à Libreville. © Gabonreview

Quelle est la participation de la filière bois au PIB?

Aujourd’hui, le chiffre annoncé est de 4%. L’exploitation illégale de la ressource ligneuse est une problématique qu’il faut intégrer pour, d’un point de vue général, fiabiliser la nature du PIB.

On dit qu’il est de 4%, mais les enquêtes et les exercices des collègues sur le terrain démontrent que c’est bien plus que cela. Nous sommes là pour mettre en musique le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) et nous devons tout faire pour parvenir à mettre sur le marché des produits finis. Il faut également saisir l’opportunité qui est celle de la libre circulation. Plus le marché est grand, mieux cela vaut pour nous qui avons une certaine avance sur nos pays voisins. Nous avions pris une décision courageuse visant l’interdiction de l’exportation du bois sous forme de grume. Il faut qu’on intensifie nos actions et qu’on redouble d’efforts pour véritablement produire des biens finis sur le marché local et régional.

Le continent vient de créer la Zleca, que préconise l’Agence pour aller à la conquête de ce vaste marché ?

A la base des échanges commerciaux, il faut un marché. Mais, chaque marché est réglementé par un certain nombre de normes. Je crois que le Gabon n’a pas à rougir. On a même de l’avance parce qu’on a l’Agence nationale de la norme (Aganor) qui fait un excellent travail de normalisation des produits. Il y a plusieurs structures étatiques qui existent dans le pays et qui, j’en suis certain, permettront au Gabon de facilement placer ses produits et même de parler d’égal à égal, d’être à l’aise sur le marché de libre-échange.

Les opérateurs économiques se plaignent de l’excès de la répression.

Nous sommes l’administration. Elle établit des règles, des principes et tout le monde doit veiller à les appliquer. La répression arrive sincèrement en aval, mais en amont il y a des choses que nous devons faire. Les opérateurs, quelle que soit leur provenance, doivent comprendre que l’Agence d’exécution est leur interface. Elle est la structure qui a été mise en place par les autorités pour les accompagner. En termes de perspectives, il y a le volet assistance technique et ils doivent comprendre qu’à l’Agence d’exécution des activités de la filière forêt-bois, ils trouveront la solution à leurs différents problèmes.

Il y a un éternel débat sur l’exploitation illégale du bois, notamment celle de Kévazingo. Quelle est la place de l’Agence dans ce débat ? On a l’impression qu’il y a une guerre avec la tutelle.

Non, il n y a pas de guerre de compétence entre le ministère et l’Agence. Il faut être clair. L’Agence d’exécution est une structure sous tutelle du ministère de la Forêt et de l’Environnement. Le ministère fixe le cap et nous, en tant que techniciens, nous mettons en musique ce qu’il nous instruit de faire.

Que peut-on attendre au terme de ce Conseil d’administration ?

Dans les jours à venir, vous pourrez constater que ce que nous envisageons de faire, les démarches que nous entreprenons tous les jours vis-à-vis des opérateurs vont certainement être concrétisées, parce qu’il y a des opérateurs qui sont passés par l’Agence et qui sollicitent un accompagnement.