En dépit d’un bilan très défavorable depuis sa prise de fonction à la tête des Panthères, José Antonio Camacho est toujours en poste. Vu le silence de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) sur la question, tout semble indiquer que le technicien espagnol n’a pas à se faire de mauvais sang.

Le sélectionneur du Gabon. © D.R.

 

Nommé sélectionneur du Gabon en novembre 2016, José Antonio Camacho est loin d’avoir fait l’unanimité. Un constat renforcé par le bilan accablant du technicien espagnol à la tête des Panthères du Gabon. En 12 matchs, José Antonio Camacho a enregistré six défaites, cinq nuls et une seule petite victoire.

Au-delà de ce maigre bilan, d’autres récriminations sont faites au technicien de 62 ans. D’abord son attitude. «Il ne communique presque pas avec les joueurs et ne vient au Gabon que pour les matchs», a confié un proche du staff technique des Panthères. En effet, José Antonio Camacho ne réside pas au Gabon. Il ne s’y rend que dans le cadre des échéances de la sélection nationale. Juste après, il quitte le pays.

Autre source de discorde autour du sélectionneur national : son salaire. Avec un revenu mensuel estimé entre 46 et 56 millions de francs CFA (dont une partie est reversée à ses adjoints), José Antonio Camacho est le coach le mieux payé d’Afrique.

Il bénéficie en outre de primes et de billets d’avion (sept par an) en première classe entre Libreville et Madrid, d’une voiture avec chauffeur et d’hébergement dans les meilleurs hôtels de la capitale gabonaise. Avec une telle aisance financière et autant d’avantages, l’on est tout de même en droit d’attendre mieux de la sélection nationale.

En effet, au-delà du maigre bilan de José Antonio Camacho, c’est surtout l’absence de fond de jeu des Panthères qui déchaine les passions chez les férus du ballon rond. Un constat caractérisé par un milieu de terrain peinant à tenir le ballon et créer du jeu, l’abus de longs ballons vers les attaquants ou encore, une défense plus que fébrile. A cela s’ajoute le sentiment que beaucoup de joueurs convoqués n’ont pas leur place en sélection.

Sur ce dernier aspect cependant, les avis sont beaucoup plus partagés. D’aucuns estimant que le sélectionneur n’a pas les coudées franches en ce qui concerne la gestion du groupe. En témoigne le cas Pierre-Emerick Aubameyang. Dans ce contexte, difficile de faire passer ses idées et imposer son autorité. Toutefois, cette circonstance atténuante suffit-elle à dédouaner le technicien espagnol ? Pas sûr.

Avec son élimination précoce au premier tour de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2017, à domicile, José Antonio Camacho a vu sa position se fragiliser à l’issue de la compétition. S’il a été conforté à son poste, sa position est redevenue tout aussi vacillante, après la campagne éliminatoire plus que moyenne du Mondial 2018. Si la Fégafoot ne s’est pas prononcée sur le sort du sélectionneur, des voix se sont déjà élevées pour réclamer le départ de José Antonio Camacho, dont le contrat court jusqu’à la fin 2018.

La Fégafoot attend peut être la fin de la campagne éliminatoire de la Can 2019, pour donner sa position. Dans tous les cas, José Antonio Camacho profite bien de ses «vacances» en Espagne jusqu’à la prochaine sortie des Panthères, prévue en mars 2018.