Amorcée en 2012, la professionnalisation du football local est un véritable échec comme l’ont reconnu les acteurs du football national, lors d’une réunion autour de la ministre des Sports, le 14 août à Libreville. Un insuccès ayant conduit Nicole Assélé à prolonger le versement de la subvention aux clubs et d’en durcir les conditions d’accès.

La ministre des Sports Nicole Assélé. © D.R.

 

Responsables de la Fégafoot, de la Linafp et des clubs de 1re et 2e division pendant la séance de travail. © D.R.

Ecœurée par l’échec patent de la professionnalisation du football local, la ministre des Sports a réuni l’ensemble des acteurs de l’élite du football pour discuter de cet insuccès, le 14 août à Libreville. Une séance de travail d’autant plus urgente que selon le chronogramme arrêté, l’Etat devrait normalement se désengager de tout financement au terme de la saison 2016-2017. Soit cinq ans après la professionnalisation du championnat national de football initiée en 2012.

Dressant le bilan de ce chantier, les différentes parties ont unanimement reconnu l’échec de ce modèle lancé de façon «précipitée». D’autant que les principaux acteurs concernés (Fédération gabonaise de football, Ligue nationale de football professionnel, clubs de 1re et 2e divisions) n’ont pas été associés. Un avis partagé par le président de Ligue nationale de football professionnel (Linaf), ayant mis en relief plusieurs faits bloquant.

Brice Mbika Ndjambou a notamment relevé le non-respect du cahier des charges (difficilement réalisable, ndlr) par les clubs non préparés, le décaissement par à coup des subventions de l’Etat, la non mise à disposition du patrimoine hérité de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2012. Le responsable de la Linafp a également pointé du doigt l’absence d’un cadre fiscal attractif au profit de potentiels sponsors et mécènes sportifs. La rémunération jugée onéreuse, allouée aux consultants espagnols chargés de la conception et la mise en œuvre du projet, constitue également un des facteurs de cet échec, selon Brice Mbika Njambou.

Face à ce tableau sombre, la ministre des Sports a fixé le cap pour l’avenir. L’Etat continuera à soutenir financièrement la professionnalisation du football. Sur combien d’années ? La question reste posée. Qu’à cela ne tienne, la patronne du département ministériel des Sports a notamment insisté sur le respect d’un minimum d’exigences et des conditions assignées aux clubs des championnats des 1re et 2e division.

«Ce cahier de charges fera l’objet d’autres séances de travail entre la Fégafoot (Fédération gabonaise de football, ndlr), la Linafp et les clubs, avant validation par la tutelle dans le courant de la première semaine du mois de septembre», a déclaré Nicole Assélé.

Pour la ministre des Sports, il ne sera plus question d’admettre dans le championnat d’élite des clubs sans siège, sans infrastructures sportives homologuées, sans compte bancaire approvisionné, sans police d’assurance et encadreurs techniques assermentés. Tout comme les clubs doivent désormais immatriculer leurs pensionnaires à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), en plus d’être dotés de catégories inférieures et d’une section de football féminin. «L’accès aux subventions de l’Etat se fera désormais à ce prix dès la prochaine saison 2017-2018», a insisté Nicole Assélé.

Par ailleurs, le membre du gouvernement a souligné que «la nouvelle loi cadre d’orientation du sport, en instance d’adoption au Parlement se chargera, de la mise en place d’un cadre juridique et fiscal attractif revendiqué par les sportifs dans un mémorandum qui contenant huit autres préconisations».

Parmi celles-ci : la mutation des clubs en sociétés à objet sportif, la mise à disposition au bénéfice des clubs à des tarifs préférentiels des infrastructures héritées des Can 2012 et 2017 ; la mise en place d’une prime à la formation ; le reversement des droits d’accises directement au Fonds national pour le développement du Sport ; ou encore, le financement des frais de production et de diffusion des matchs du championnat national pour la visibilité et l’attractivité du championnat d’élite.