Lancé dans une caravane de sensibilisation de la réforme de la gestion de l’agent public, Jean-Marie Ogandaga a échangé, mardi 27 mars, avec son collègue du ministère de l’Enseignement supérieur ainsi que ses collaborateurs et les partenaires sociaux. Le ministre de la Fonction publique a reconnu la responsabilité des gouvernants dans la déliquescence actuelle de l’administration publique.

Jean-Marie Ogandaga et Guy-Bertrand Mapangou, le 27 mars 2018, à Libreville. © Gabonreview

 

«Notre administration est malade !» Le constat de Jean-Marie Ogandaga est le même depuis son arrivée à la tête du ministère de la Fonction publique. Le 21 février dernier, il s’est lancé dans une caravane de sensibilisation de la réforme de la gestion de l’agent public auprès de ses collègues du gouvernement pour, espère-t-il, sortir l’administration publique de sa déliquescence et d’en finir avec les défauts que lui reprochent les usagers depuis de nombreuses années. Ce mardi 27 mars, Guy-Bertrand Mapangou et ses collaborateurs ainsi que les partenaires sociaux ont été édifiés sur ses aspirations.

© Gabonreview

A l’avenue de Cointet, trois heures durant, le ministre de la Fonction publique s’est évertué à convaincre ses interlocuteurs de ce que la Gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences (GPEEC) est une des solutions permettant de «sortir d’une administration purement sociale à une administration de développement», telle que souhaité par le président de la République. Pour Jean-Marie Ogandaga, il s’agit notamment de «transformer l’administration publique gabonaise» en gérant mieux les agents publics, y compris les forces de sécurité et de défense nationales et les contractuels de l’Etat. «Indépendant depuis 58 ans, la Fonction publique gabonaise ne s’est jamais dotée d’un système de gestion intégré», a déploré le membre du gouvernement, qui souhaite que le système identifie désormais précisément les agents plutôt que les matricules comme il le fait actuellement.

A son collègue de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Jean-Marie Ogandaga a également dit la nécessité de mettre en place un certain nombre d’outils, tels que : la codification des structures publiques, «pour savoir exactement à quelle structure les agents sont attaché, ce qui évitera la transhumance et l’errance de certains agents» ; l’évaluation des agents, tel que décidé en 2005 ; l’unité de la fonction publique, «pour n’avoir qu’une base de données unique».

Pour Jean-Marie Ogandaga qui assure que la réforme de la gestion des ressources humaines au sein de l’administration publique est le prolongement de la revalorisation salariale de 2015, celle-ci, précise-t-il, «n’est pas une réforme de plus, ni un effet de mode». «Cette réforme devait être appliquée depuis. Nous l’avons mise en rade. Nous n’avons pas fait notre travail. Mea culpa», a avoué le ministre de la Fonction publique, qui a reçu le soutien de son collègue.