Hachem Lemami, entrepreneur Gabonais d’origine libanaise, serait-il un parfait bouc émissaire dans le dossier relatif aux fêtes tournantes ? Tout porte à le croire, au regard de la tournure des événements depuis son incarcération à la maison d’arrêt de Libreville en 2013.

© theprogressivecynic.com
© theprogressivecynic.com

 

Suite à la publication du rapport de la Cour des comptes sur la passation des marchés et les travaux inachevés des fêtes tournantes éditions 2005-2008, le patron de l’entreprise ETAB-E, est écroué à la prison centrale de Libreville. Il est notamment reproché à Hachem Lemami de n’avoir pas livré les chantiers pour lesquels il a été payé pour un montant total de 501,97 millions de francs CFA. Une somme qui correspond au coût estimatif de 2 chantiers dans la province du Haut-Ogooué, à savoir : la construction d’un centre commercial et la réfection de l’internat du Collège Saint Dominique de Franceville. Selon l’accusation, l’entrepreneur n’aurait pas achevé son travail : les bâtiments et annexes seraient inachevés. Dans la Ngounié, ETAB-E devait réfectionner le centre médical de Mimongo, la préfecture et le logement du préfet pour un montant de 90 millions de francs CFA. Or, seuls les travaux de peinture ont été réalisés pour 43 828 400 francs et 29 352 500 francs.

Seulement, aux dires de personnes proches du dossier, il semble que les chantiers soient bien visibles et que les ouvrages aient bel et bien été livrés. Qu’à cela ne tienne, prenant sur lui le préjudice moral et financier, Hachem Lémami aurait, via sa famille, tenté de restituer à l’Etat lesdits fonds. Une tentative qui se serait heurtée au refus catégorique du palais présidentiel. Il se dit qu’au regard de l’implication, dans cette affaire, de certains barrons du Haut-Ogooué, plus précisément de Ngouoni, le tribunal aurait refusé toute négociation au motif que le sort de ce denier ne dépendait pas l’institution judiciaire mais du sommet de l’Etat. Que reproche-t-on donc exactement à Hachem Lemami ?

L’affaire prend une autre tournure quand des magistrats s’en mêlent. Aux dernières nouvelles, Hachem Lemami aurait été victime d’escroquerie : de hauts magistrats et des agents de la gendarmerie auraient soufflé la bagatelle de 200 millions de francs à l’entrepreneur, en échange de sa liberté. Des noms circulent, parmi lesquels un très proche du procureur de la République, un vice-président du tribunal et un avocat. L’entrepreneur, qui n’a jamais été jugé depuis son incarcération il y a un an, et dont la santé se dégrade depuis lors, demeure toujours incarcéré.