Les travailleurs du Gabon comme ceux du monde entier ont célébré, ce 1er mai 2018, la fête du travail. Si c’était l’occasion de rappeler la nécessité, pour les dirigeants, d’apporter des solutions adaptées à préoccupations des classes laborieuses, des décorations, défilés et expositions ont contribué à agrémenter cette célébration.

Travailleurs gabonais battant le bitume, le 1er mai 2018. © facebook.com/gabon.primature

 

Sur l’esplanade du palais du Sénat, boulevard Triomphal Omar-Bongo à Libreville, plus de quatre milliers de travailleurs des secteurs public et privé se sont donné rendez-vous pour commémorer la tradition du 1er mai. Elle consacre en effet le combat du mouvement ouvrier de la fin du 19e siècle. Si d’une part les travailleurs se sont saisis de cette occasion pour demander au gouvernement d’apporter des solutions à leurs préoccupations, le gouvernement lui, veut raffermir les relations avec les travailleurs.

N’ayant pas encore présenté sa démission à ce moment là, le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, a supervisé le défilé avec le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Carmen Ndaot. © D.R.

Trois moments ont marqué cette cérémonie : les trois séries de décorations des travailleurs du secteur public et privé, la parade des travailleurs et les expositions avant que la fête ne se poursuive par ailleurs. À Libreville, les travailleurs ont présenté un manifeste. Le document, lu par le représentant des dix-sept centrales syndicales, Fridolin Mvé Messa, interpellait le gouvernement sur les efforts à faire pour satisfaire la classe ouvrière, tranche la plus nombreuse de la population. Ce, notamment au regard du climat social délétère caractérisé par des grèves à répétition dans tous les secteurs. Les syndiqués ont par ailleurs relevé plusieurs autres préoccupations dont leur représentativité au sein du Conseil du dialogue social, les négociations sur les conventions collectives et la révision du Code du travail.

Malgré l’annonce de la cessation des activités du gouvernement par la Cour constitutionnelle, l    a veille, le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, n’ayant pas encore présenté sa démission à ce moment là, a prononcé une allocution en réponse aux travailleurs. Pour le chef du gouvernement sortant, le thème de cette édition oblige les deux parties à «une nécessaire cohésion pour une meilleure participation à la vie sociale». Il a insisté sur la nécessité de la promotion de l’emploi qui demeure un objectif majeur pour le gouvernement dans le but de réduire le chômage et de lutter contre la pauvreté et la précarité. Avec le Plan de relance de l’économique (PRE), a soutenu Emmanuel Issoze Ngondet, «l’espoir est permis quant au retour à la croissance».

Appréciant cette journée, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Carmen Ndaot, a déclaré que «la journée du 1er mai revêt un caractère symbolique très fort car c’est l’occasion de célébrer la capacité des hommes et des femmes à participer à des activités professionnelles à la recherche du mieux être social, à la stabilité et à la prospérité de l’entreprise ainsi que la croissance économique».

Dans la capitale gabonaise, la fête du Travail rime de plus en plus avec les activités festives plutôt que commémoratives. Les principaux concernés s’en défendent, expliquant qu’il n’en demeure pas moins que le principal objectif est avant tout la célébration des travailleurs ayant versé leur sang ou ayant perdu la vie pour obtenir de meilleures conditions de travail et donc de meilleurs droits.