Surpris et frustré par l’inaction du gouvernement lors de la célébration, le 21 juin, de la Fête de la musique, Franck Ba’ponga a exhorté les siens, qui ont récemment décidé de faire avec leurs propres moyens, à ne plus rien attendre de l’Etat pour la promotion de leur art.

Franck Ba’ponga, le 25 juin, pendant son adresse aux artistes. Derrière lui, les organisateurs. © Gabonreview

 

Scènes de la Fête de la musique du 25 juin sur la plage du lycée Léon Mba à Libreville. © Gabonreview

Célébrée à travers le monde chaque 21 juin, la Fête de la musique n’a pas eu lieu au Gabon. La raison donnée par le ministère de la Culture qui, habituellement, organise cette célébration sur le plan national ? Aucune. Silence radio. Certains croient savoir que le ministère est actuellement absorbé par la préparation de la prochaine édition de la fête des cultures censée démarrer le 30 juin prochain. Pourtant, un groupe de jeunes promoteurs culturel gabonais ne s’est pas laissé démonter par l’«oubli» des autorités. Amené par l’école de musique Awax music school, la structure spécialisée dans l’événementiel AFJ et Ibogazik (les «agitateurs culturels»), il a organisé, «avec les moyens du bord» sa fête de la musique, dimanche 25 juin, sur la plage du Lycée Léon Mba.

Si les responsables des différentes structures ont justifié leur initiative par le «besoin de se retrouver entre chanteurs, musiciens, promoteurs et amateurs de la musique gabonaise» Franck Ba’ponga, lui, en a profité pour faire passer un message aux acteurs de la sphère culturelle nationale. «L’Etat n’est pas notre patron. L’Etat, c’est un client, à la limite un collaborateur. Quand il a besoin de nous, il nous appelle, et si on veut, on part. Mais s’il n’y a pas le gain (entendre l’argent, Ndlr), on ne bouge pas», a déclaré le rappeur devant une foule de quelques dizaines de personnes visiblement d’avis avec lui. «Chaque 21 juin, n’attendez rien de l’Etat ni de personne. Prenez deux baffles, mettez-vous au carrefour de votre quartier et faites ce que vous voulez. Chaque musicien doit fêter la musique le 21 juin, parce que c’est ça le concept de la Fête de la musique. Ceux qui ont organisé (le 25 juin) n’ont pas d’argent mais, n’ont eu besoin de personne pour le faire.»

Pour Franck Ba’ponga qui a exhorté les musiciens à se prendre à charge et organiser eux-mêmes des évènements concourant à la promotion de leur art comme lui l’a fait à l’âge de 19 ans au carrefour Mindoubé, avec son premier Sound system, l’artiste est la première richesse d’un pays. «Le pétrole, l’or, le diamant, la forêt et la richesse culturelle du pays, c’est nous. Depuis quand vous avez vus l’or chercher l’orpailleur ?», s’est interrogé L’Animal, lui-même producteur d’artistes et entrepreneur avec sa marque de vêtements «K/K».

Sur la plage du Lycée Léon Mba, une dizaine d’artistes chanteurs et musiciens se sont succédé. Parmi eux, des artistes gospel (Arnaud Nzamba, Tchila One), hip-hop (Moon, Bubal Bu Kombil, Lexical Flo) et des groupes de danseurs.