La réalisatrice gabonaise a été primée au Festival international du cinéma et de l’audiovisuel du Burundi pour son documentaire «L’Africain qui voulait voler».

La réalisatrice de «L’Africain qui voulait voler», Samantha Biffot. © D.R.

 

Oubliée, la défaite de la 4e édition des Trophées francophones du cinéma de décembre à Beyrouth,pour laquelle elle avait été nommée dans la catégorie du «Trophée francophone du long métrage documentaire», aux côtés de cinq autres réalisateurs de renom parmi lesquels le Libanais Hady Zaccak (primé pour son documentaire «Kamal Joumblatt, témoin et martyre») ? Belle consolation pour Samantha Biffot qui a reçu le prix du meilleur documentaire au terme de la 9e édition du Festicab, qui a eu lieu du 19 au 26 mai 2017 à Bujumbura.

La jaquette de «L’Africain qui voulait voler». © D.R.

Pour les organisateurs de cette édition placée sous le signe des «droits de la femme», la distinction attribuée à la jeune réalisatrice de «L’Africain qui voulait voler», tient à la qualité de son travail, mais davantage aux valeurs qu’elle a choisi de mettre en exergue dans son documentaire, à savoir : l’optimisme et la détermination, qui concourent à la réussite des jeunes Africains à travers le monde, y compris dans des lieux et des domaines improbables et jugés inaccessibles par certains. Le film de Samantha Biffot, montre, une fois de plus, selon le président du Festicab, Léonce Ngabo, que «la femme est particulièrement dotée d’une grande capacité de créativité et de force participative au développement de son pays» et du continent.

«L’Africain qui voulait voler», raconte le rêve, l’obsession et la détermination du Gabonais Luc Benza, un jeune garçon, qui devient plus tard le premier africain à intégrer le temple Shaolin et à acquérir des techniques traditionnelles de Kung-fu que seuls peu d’élus connaissent. Le film part de loin. Son scénario est retenu comme le meilleur lors de la 7e édition des Escales documentaires de Libreville en 2012. Perfectionniste, bien que faisant face à des difficultés financières, la réalisatrice met trois ans entre l’écriture, la recherche de financements et le tournage. Le film aura finalement coûté 86 000 euros environs, soit plus de 57,3 millions de francs CFA. Des fonds mobilisés grâce à l’Institut gabonais de l’image et du son (Igis), l’Organisation internationale de la Francophonie et au partenariat avec deux structures privées belge et française.

Le documentaire de Samantha Biffot a été sélectionné pour la 21e édition du Festival Ecrans noirs de Yaoundé au Cameroun. «L’Africain qui voulait voler» est également nommé aux African Movie Academy Awards (AMAA) de Lagos au Nigéria.