Après avoir pris part au dialogue national pour l’alternance initié par Jean Ping et ses soutiens à Libreville du 18 au 23 décembre dernier, Féfé Onanga a pris langue avec les Portgentillais, le samedi 7 janvier, histoire de rendre compte des travaux dudit dialogue et remobiliser ses partisans en fonction des nouveaux mots d’ordre.

Féfé Onanga, le 7 janvier 2017 à Port-Gentil. © Gabonreview

 

Les différents intervenants, au-delà des thèmes abordés lors du conclave librevillois, sont revenus sur les discours d’ouverture et de clôture de Jean Ping indiquant le nouvel état d’esprit pris par le mouvement dit de résistance, après la publication du rapport de la mission d’observation de l’Union européenne. N’ayant rien espéré de l’étape de Naïrobi où, selon eux, les pairs africains d’Ali Bongo ne pouvaient qu’être solidaires de l’actuel occupant du Bord de mer, ils ont désormais les yeux tournés vers Strasbourg, siège de l’Union européenne, d’où ils espèrent voir venir des «sanctions ciblées» contre Ali Bongo et ses principaux soutiens. Pour le reste, ils disent avoir reçu cinq sur cinq le message selon lequel «désormais toutes les hypothèses sont sur la table». Le public a eu droit à la diffusion audio des vœux de nouvel an de Jean Ping aux Gabonais.

Une vue de l’assistance. © Gabonreview

Prenant la parole, Féfé Onanga a principalement indexé trois personnalités du gouvernement. D’abord le ministre de la Jeunesse et des Sports, qui, selon l’orateur, «cherche des poux sur la tête d’un chauve». N’ayant pas apprécié la sortie de Nicole Assélé qui a déclaré être au courant des manœuvres souterraines tendant à perturber le déroulement de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football, Féfé Onanga a répété que les Portgentillais, endeuillés et meurtris par les événements ayant émaillé la dernière élection présidentielle, n’avaient pas le cœur à la fête et qu’ils ne participeront pas à la Can, n’en déplaise à la ministre. Et de soutenir qu’il œuvrera pour qu’il en soit ainsi.

Le président du Mouvement ropulaire des radicaux (MPR) a ensuite tancé le comportement du vice-Premier ministre, Bruno Ben Moubamba, qui a appelé à l’arrestation de Jean Ping, oubliant, selon Féfé Onanga, tous les bienfaits que Jean Ping, Guy Nzouba Ndama et d’autres personnalités de la galaxie Jean Ping lui ont faits. Enfin, le leader du MPR a pris dans son viseur le porte-parole du gouvernement, Alain Claude Bilie-By-Nze, qui a déclaré que si Jean Ping prêtait serment, il serait arrêté dans les cinq minutes qui suivraient. Et Féfé Onanga d’inviter Jean Ping à prêter serment. «Si dans les cinq minutes, Bilie-By-Nze réussit à faire arrêter Jean Ping, dans les cinq minutes suivantes, il n’y aura plus de république», a déclaré l’orateur, dans le style qu’on lui connaît. Avant de conclure : «Tenons bon, je puis vous assurer que la fin de notre combat est proche».

La manifestation a également enregistré la participation et l’intervention du Mouvement pour l’alternance et la démocratie en Afrique (Mada). Eric Sébé, qui en est le secrétaire général, venu de Libreville, a fait une intervention fort remarquée, particulièrement en direction des jeunes à qui on distribue des billets de la Can dans les salles de classe alors qu’on aurait pu leur distribuer, à la place, des outils didactiques pour leur formation.