Dans une déclaration, sur Gabon Télévisions, le 1er août, le secrétaire général de Parti démocratique gabonais (PDG) a réagi à la sortie des leaders du défunt Mogabo (Mouvement gabonais pour Ali Bongo). Si aucune sanction disciplinaire à leur encontre n’est mise en perspective, du moins dans l’immédiat, «Les hommes du président» en ont cependant pris pour leur grade. 

Le secrétaire général du PDG lors de sa déclaration sur Gabon Télévisions, le 1er août 2017. © Gabonreview/Capture d’écran)

 

Comme il fallait s’y attendre, la récente sortie des «hommes du président» n’a pas laissé indifférent un certain nombre de cadres de la sphère présidentielle et du parti politique au pouvoir. 24 heures après la réaction à ce sujet du ministre du Budget, le 2 août sur Gabon Télévisions, le secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG) s’est prononcé à son tour sur la sortie médiatique d’Alain-Claude Billie-By-Nzé, Pacôme Moubelet, Blaise Louembé, Simon Ntoutoume Emane et Ali Akbar Onanga Y’Obégué.

 «Le PDG que je gère au quotidien, au moins pour la partie qui m’incombe, est censé être un parti démocratique comme son nom ne le dit pas assez. Et de ce fait, les responsables qui le veulent peuvent s’exprimer librement sans être bâillonnés par le secrétaire général que je suis», a déclaré Faustin Boukoubi. «Des cadres du parti, si tant est-il qu’ils en ont l’âme, l’âme PDGiste, se sont exprimés. C’est tout à fait leur droit, et nous en avons pris simplement acte», a poursuivi le secrétaire général du parti au pouvoir.

Sans prise de risque majeur, Faustin Boukoubi s’est aligné sur la position actuelle du chef de l’Etat face à cette actualité secouant les rangs du parti. «Ils prétendaient s’exprimer en défendant le président de la République. Si le président de la République, qui nous connaît tous, qui connaît notre passé, qui connaît notre image dans l’opinion et qui sait ce que chacun de nous reflète comme image du régime au sein de l’opinion ; si le Président de la République lui-même est satisfait, je ne peux que… en prendre acte», a-t-il affirmé.

Toutefois, Faustin Boukoubi a reconnu que cette sortie des cadres du parti a impacté l’image PDG et, indirectement, celle du chef de l’Etat. Même s’il a souligné que ces derniers ne s’exprimaient pas au nom du parti, le secrétaire général du PDG n’a pas moins laissé entrevoir l’idée d’un certain égocentrisme de la part des anciens membres du Mogabo : «le comportement des uns et des autres, je le connais. Ce n’est pas la première fois que des PDGistes s’amusent à contourner le parti officiel. Le parti a plusieurs cadres et plusieurs catégories de cadres. Il y en a qui sont plus disciplinés que d’autres. Il y en a qui agissent en fonction de leurs propres intérêts».

La sortie d’Alain-Claude Billie-By-Nzé, Pacôme Moubelet, Blaise Louembé, Simon Ntoutoume Emane et Ali Akbar Onanga Y’Obégué donnera-t-elle lieu à des sanctions disciplinaires ? «Pas sûr. Nous avons des instances qui sont chargées d’apprécier les actes éventuels d’indiscipline. Je ne pense pas qu’on en soit là», a conclu Faustin Boukoubi. Vu l’évolution de cette affaire, pas sûr cependant que les choses en restent là. D’aucuns disant qu’il en va de la solidité et de la survie du PDG, surtout que la création et l’activisme du Mogabo, en avril-juin 2015, avait débouché sur une mitose du parti au pouvoir. Le 27 juin de la même année, des députés, anciens ministres et cadres membres du PDG en prirent prétexte pour créer un courant dissident : Héritage et Modernité.