Au moment de sa démission, à la mi-août 2017, du poste de Secrétaire général du PDG, Faustin Boukoubi indiquait qu’il allait rester un simple militant de base. Il céda le poste de membre du Bureau politique du parti au pouvoir pour Pana à un de ses proches, Clément Moupoumbou, lors du dernier congrès du parti en décembre 2017. Aujourd’hui, il est cependant prêt à revenir. Il devrait être le candidat du PDG sur le 1er siège du département de la Lombo-Bouenguidi au cours des élections législatives à venir…

Faustin Boukoubi. © Flickr

 

Sa retraite politique aura été de courte durée. Neuf mois. Neuf mois tout juste. Depuis le début-juin, Faustin Boukoubi reçoit et consulte. Face à la demande de certains cadres et notables originaires de son fief politique, l’ancien Secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG) donne le sentiment d’accepter de repartir au combat politique et de se déjuger, même si, pour le moment, il laisse traîner le suspens. Lors de l’une des rencontres avec la notabilité de Pana résidant ou de passage à Libreville, il a affirmé : «Vous savez, depuis mon retrait de la vie politique, j’ai vu ce que valent l’amitié et la reconnaissance ; beaucoup parmi ceux que j’ai élevés socialement et à qui j’ai fait accorder des promotions passent leur temps aujourd’hui à me critiquer. Ils disent que je n’ai rien fait pour le développement de Pana et de tout le département de la Lombo-Bouenguidi». «Mais, ajoute-t-il, si vous estimez que je peux à nouveau servir notre circonscription politique, je ne dirai pas non».

Ceci a suffi pour mettre du baume au cœur de ses interlocuteurs. Pour nombreux d’entre eux, c’est plié. «Nous considérons que notre démarche a prospéré ; Boukoubi reviendra parmi nous au cours des prochaines législatives». Et l’un d’entre eux de poursuivre : «Boukoubi a donné la parole à chacun d’entre nous pour qu’il soit bien édifié sur notre démarche, et nous lui avons fait savoir que c’est lui que nous attendons pour notre siège, comme lors des quatre dernières législatives, depuis 2001».

Revenant, lors de ces rencontres avec les cadres et notables de «chez lui», sur les raisons de sa démission du poste de Secrétaire général du PDG, Faustin Boukoubi a indiqué avoir agi comme Georges Rawiri en 1990. «En 1990, lorsque la situation se compliquait, Georges Rawiri avait demandé au président Omar Bongo, pour lui faciliter la tâche, de le décharger de ses responsabilités et de former un gouvernement ouvert à toutes les sensibilités ; moi aussi, lorsque j’ai vu que la situation devenait intenable au sein du PDG avec toutes les sensibilités qui s’exprimaient, avec des pro et des anti-Boukoubi, j’ai, pour faciliter la tâche au Distingué camarade, démissionné de mon poste. Je reste fidèle et loyal aux instances du parti».

Faustin Boukoubi, 64 ans, devrait donc être présent sur la ligne de départ des compétiteurs PDG aux prochaines élections législatives sur le siège de la Lombo-Bouenguidi (Pana) qu’il occupe depuis 2001. Il sera donc candidat à sa propre succession. Clément Moupoumbou devra attendre. Comme il est difficile de quitter la vie politique…