Poursuivi pour exercice illégal de la gynécologie, ce vétérinaire belge Michel de 58 ans est jugé depuis le 14 juin courant à Libreville.

© hopitalveterinaire.com

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Emprisonné depuis le 26 juin dernier, Michel Gossiaux est jugé depuis le 14 juin courant à Libreville. Le ressortissant belge de 58 ans est accusé d’avoir exercé la gynécologie alors qu’il est en réalité vétérinaire. Une situation qui inquiète son fils. «C’est, en effet, le motif retenu par les autorités gabonaises : le fait que mon père exerce la médecine humaine avec un diplôme de vétérinaire. Pourtant, j’aimerais que tout le monde sache que mon père n’a rien fait de mal. Au contraire il a soigné des milliers d’Africains», a expliqué Renan Gossiaux, avant de poursuivre : «En Belgique, après avoir eu une formation de vétérinaire avec sept ans d’étude, beaucoup de chirurgie et d’autres spécialisations, il a exercé dans plusieurs hôpitaux en imagerie médicale humaine et a toujours été reconnu comme excellent dans son travail… Il a aussi donné des cours de biologie humaine dans des écoles».

Six ans après avoir quitté Braine-l’Alleud pour s’installer au Gabon, Michel Gossiaux a donc été recruté par des cliniques comme technologue en imagerie médicale, dans un premier temps. Ensuite, a souligné Renan Gossiaux, «la médecine l’a recruté afin d’exercer comme gynécologue, car effectivement il en manque énormément au Gabon. Il n’a rencontré aucun problème dans l’exercice de cette fonction et ses patientes ont toujours été bien soignées et rétablies». Tout se passait donc très bien jusqu’au jour où une patiente décèda après une opération assurée par un autre médecin. L’enquête ouverte à cette occasion révéla que Michel Gossiaux exerçait illégalement la profession de gynécologue. «Même si c’est bien le cas, il n’a commis aucune erreur médicale. Bien au contraire. Mais visiblement, il y a plusieurs autres personnes qui sont dans le même cas que mon père, et les autorités gabonaises prennent les choses très au sérieux», a lâché Renan Gossiaux, qui évoque une mobilisation générale de la famille, aidée en cela par les autorités belges. «Le gouvernement nous aide au maximum. Une avocate a été trouvée par le consulat et les Affaires étrangères. C’est déjà une nouvelle positive face à notre vive inquiétude. Que risque-t-il ? Personne ne le sait. Le danger est qu’il soit pris comme exemple. Il risque d’être condamné pour plusieurs années alors qu’il a sauvé tant de gens», a-t-il conclu.

Cette affaire n’est pas sans rappeler celle du docteur Dr Max Fylla, également gynécologue obstétricien, incarcéré depuis plus de deux mois. Ce dernier est tombé sous le coup d’une plainte déposée par la famille d’une patiente décédée. S’il avait réussi à sauver la vie des deux enfants de cette dernière, la mère, elle, a malheureusement succombé pendant l’intervention. Aux dernières nouvelles, le médecin serait toujours en détention.