Les femmes commerçantes du marché spontané de l’ancienne gare routière ont décidé de se révolter contre les tracasseries dont elles sont victimes. Pour donner de l’impact à leur action, elles se sont dénudées en public.

Les commerçantes en mode Protestation. © D.R.

Les commerçantes en mode Protestation. © D.R.

 

Les femmes commerçantes déguerpies récemment de leur site de l’ex-gare routière n’ont pas digéré cette énième «injustice». Elles ont dénoncé les exactions dont elles sont victimes, notamment les multiples taxes qu’elles sont obligées de payer au fil des jours. Elles ont également porté des accusations contre les forces de l’ordre, accusées de se livrer à des « tracasseries et à l’extorsion de fonds».

Pour exprimer leur colère, elles ne sont pas allées par quatre chemins, choisissant de se dévêtir et s’exposer en petite tenue. «Tous les jours, ils nous réclament de l’argent ou alors ils saisissent nos marchandises sous prétexte qu’on occupe la voie publique», a déclaré l’une des manifestantes. «Le site de l’ancienne gare routière où ces femmes exerçaient leurs activités aurait déjà été vendu par un haut gradé de la police à un opérateur économique», expliquait un commerçant, ajoutant : «C’est la raison pour laquelle ils tentent de déguerpir, avec la dernière énergie, les commerçants». «Il est regrettable que des mères de famille qui ne demandent qu’à nourrir dignement leurs progénitures aient à en arriver-là pour se faire comprendre. C’est quoi ce pays où on ne respecte pas la notion du travail?», s’est interrogé un internaute, tandis qu’un autre affirmait : «La mairie de Libreville doit vraiment arrêter avec ces agents qui passent leur temps à voler nos mamans, commerçantes de Mont Bouët, et autres». «On tape sur les plus faibles. Ces mères de familles valeureuses travaillent dur pour nourrir et assurer un avenir à leurs progénitures que l’Etat délaisse. Et des agents municipaux viennent leur extorquer ce qu’elles gagnent durement, personne ne dit rien. Le silence des pouvoirs publics est coupable. L’oppression et l’injustice iront jusqu’où dans ce pays», s’est interrogé un journaliste. La manifestation a été rapidement encadrée par la police pour éviter les débordements.