Le tribunal de Franceville a condamné Jean-François Ombenda et Eugene Ndjouhou à six mois de prison et un million d’amende chacun.

Jean François Ombenda et Eugene Ndjouhou tenant les pointes d’ivoire qui les envoient en prison. © Conservation Justice

Jean François Ombenda et Eugene Ndjouhou tenant les pointes d’ivoire qui les envoient en prison. © Conservation Justice

 

Pour dissuader ceux qui s’adonnent à la criminalité faunique dans le sud-est du pays et surtout face à la persistance des trafics enregistrés dans la province du Haut-Ogooué, les autorités judiciaires ont frappé fort. De «fortes peines» ont été infligées à Jean-François Ombenda et Eugene Ndjouhou, arrêtés le 25 février dernier à Mounana par la Police judicaire (PJ) et les services des Eaux et forêts lors d’une mission de l’ONG Conservation Justice entrant dans le cadre de la lutte contre la chasse illégale, la détention, le transport, la commercialisation des trophées et la détention illégale d’arme à feu.

Durant leur audience, les délinquants ont multiplié les déclarations contradictoires et accusations mutuelles. A titre d’exemple, Jean-François Ombenda a prétexté la légitime défense, expliquant qu’il avait voulu se défendre face aux pachydermes. Or, il ressort des enquêtes qu’il avait préalablement prévu une balle à hélice (munition réservée à la grande chasse) avant de se livrer à sa besogne.

Face à la tendance à l’abaissement de peines relatives aux crimes fauniques observée depuis quelques mois sur toute l’étendue du territoire national, cette décision redonne de l’espoir aux associations de protection de l’environnement. Elles espèrent que la loi peut effectivement être appliquée dans toute sa vigueur.

En attendant que les pouvoirs publics décident de revoir les peines sanctionnant les crimes fauniques, l’on félicite le travail et le professionnalisme des autorités judiciaires de Franceville, ainsi que tous ceux qui ont participé à l’arrestation de ces délinquants.

L’on rappelle que la criminalité faunique persiste et l’impunité a amené certains responsables politiques et administratifs à devenir des pourvoyeurs des moyens de chasse. Il faut donc que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur et sans parti-pris si l’on veut voir reculer ces menaces qui pèsent sur la nature et l’avenir de l’humanité.