Le 12 juin courant, le président de la République a procédé à la mise en service de cet outil industriel issu d’un partenariat public-privé avec le groupe Eramet. Une réalisation de 160 milliards de francs avec à la clé 432 emplois directs créés.

Coupure symbolique du ruban symbolique par le chef de l’Etat. © Gabonreview

Coupure symbolique du ruban symbolique par le chef de l’Etat. © Gabonreview

 

Le chef de l’Etat durant son allocution | Photo de famille | Quelques moments de l’évènement de Moanda. © Gabonreview

Le chef de l’Etat durant son allocution | Photo de famille | Quelques moments de l’évènement de Moanda. © Gabonreview

Après quasiment une année de tests, le Complexe métallurgique de Moanda (CMM) a officiellement été inauguré le 12 juin dernier. Un acte qui traduit la migration industrielle du pays. D’un coût estimé à 160 milliards de francs, cette structure, bâtie sur une superficie totale de 50 hectares, a mobilisé un peu plus d’un millier de techniciens et ouvriers, pour un total d’environ 6 millions d’heures de travail. Dans son discours de circonstance, le président de la République a indiqué que «le Complexe métallurgique de Moanda fait partie de notre projet de développement d’une véritable industrie minière. Cette politique vise à encourager la recherche et le développement de nouvelles mines, notamment d’or et de fer, et à développer la production des ferro et silico manganèse». «En décidant d’encourager la transformation locale de nos matières premières, j’avais à cœur non pas de sanctionner les industriels ou de leur porter préjudice, mais de mettre de la valeur ajoutée, et d’offrir ainsi à notre économie des sources de croissance plus solides, plus durables, génératrices d’emplois plus qualifiés et mieux rémunérés», a souligné Ali Bongo.

Plus de 432 emplois directs, auxquels s’ajoutent les emplois indirects induits, ont ainsi été créés. Selon le président de la République, qui a réitéré l’ambition du Gabon de passer de troisième à premier producteur mondial, l’objectif est de «créer autour des zones minières de Moanda et de Franceville, une véritable grappe minière et métallurgique». Or, le développement d’un tissu industriel viable et durable impose un certain nombre de préalables parmi lesquels le désenclavement du pays et le développement des énergétiques. D’où, un schéma national des infrastructures, élaboré et mis en cohérence avec «le développement d’infrastructures routières (…) Entre 2010 et 2016, ce sont au total 1800 milliards de francs qui ont été mobilisés». Du point de vue énergétique, Ali Bongo a souligné que «notre objectif est de disposer de plus de 1200 mégawatts de puissance installée à l’horizon 2020. L’effort budgétaire y relatif est de 1500 milliards de francs», ajoutant : «Il nous faut envisager désormais d’aller encore plus loin et d’étudier, dès à présent, les conditions pour un basculement vers la deuxième, puis la troisième transformation, et la mise sur le marché de produits Made in Gabon».

Le PDG d’Eramet a estimé, pour sa part, que ce complexe est le fruit d’un partenariat public-privé exemplaire et pragmatique entre l’Etat et son groupe. Pour lui, la «réalisation de ce complexe métallurgique vient prouver, une fois de plus, l’engagement du groupe Eramet au Gabon, mais aussi le dynamisme de notre filiale Comilog qui contribue, par ce nouvel investissement majeur, au développement de l’activité de notre pays». Selon Patrick Buffet, ce complexe, constitué de deux usines utilisant les technologies hydro et pyrométallurgiques, va créer localement de nouveaux métiers et des besoins de formation. «Nous y répondrons une nouvelle fois, dans le cadre de notre partenariat, par la mise en service à Moanda de la nouvelle école des mines et de la métallurgie, à vocation régionale, qui devrait ouvrir ses portes en 2016», a-t-il assuré, non sans envisager que «des besoins nouveaux en matière de sous-traitance vont également voir le jour».

Pour mémoire, Omar Bongo Ondimba avait posé la première pierre du Complexe métallurgique de Moanda, le 7 avril 2009, en présence de Casimir Oyé Mba, alors ministre des Mines, et de Patrick Buffet, Président-directeur général d’Eramet.