Avec l’appui des agents de la police judiciaire (PJ), de la gendarmerie et de l’ONG Conservation Justice, trois trafiquants de Kévazingo ont été interpellés.

Les trois indélicats aux arrêts. © D.R.

Les trois indélicats aux arrêts. © D.R.

 

Belle pioche pour les autorités du département de l’Ivindo dans le l’Ogooué-Ivindo, qui viennent de mettre la main sur trois trafiquants de Kévazingo, une essence extrêmement rare et menacée d’extinction à cause de la surexploitation dont elle est victime. Selon l’ONG Conservation Justice, les faits se sont déroulés le 19 octobre dernier à 30 kilomètres de Makokou, où un plateau transportant une grume de Kévazingo a été intercepté par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Makokou, accompagné des agents de la police judiciaire (PJ), de la gendarmerie et de cette ONG. Après que le conducteur et le convoyeur eurent présenté l’autorisation de récupération de bois au nom de Nze Angwé, exploitant forestier, une enquête a été ouverte. Elle a conduit à une descente dans le village Moubamouzé sur la route d’Okondja, à près d’une centaine de kilomètres de Makokou.

De ces investigations, il ressort que le Kévazingo litigieux était coupé à la demande de Nzé Angwé et Yang Showling, un acheteur et revendeur de bois qui aurait déboursé 1,5 million de francs pour la circonstance. En vue de lever le voile sur le procédé utilisé pour l’obtention de l’autorisation de récupération, toutes les personnes citées dans cette affaire ont été entendues et tous les objets saisis. D’où l’arrestation de Nze Angwé, Yang Showling, Honoré Kengne et Moustapha Mamadou.

Les enquêtes ont révélé des antécédents de Nze Angwé dans une affaire similaire en 2013, dans le Woleu-Ntem. Depuis la loi n°016/2001 du 31 décembre 2001 portant code forestier en République gabonaise, l’Etat s’est doté d’un arsenal juridique pour réglementer les activités forestières afin de lutter efficacement contre l’exploitation forestière illégale sur le territoire national. En dépit de cette réglementation, nombre de personnes n’hésitent pas à se lancer dans l’exploitation forestière sans autorisation de l’administration, le Kévazingo étant très prisé en Chine.