Regrettant que les rumeurs aient pris le pas sur une communication officielle mal agencée et presqu’inexistante depuis plusieurs jours, la branche gabonaise du mouvement «Tournons la page» exige, entre autres, que l’ampleur exacte des ennuis de santé du président soit rendue publique par le gouvernement.  

© Gabonreview/Capture d’écran

 

Estimant qu’il s’agit «une préoccupation importante», qui «ne peut relever de sa vie privée ni du privilège de ses amis», Tournons la page exige, ce mercredi 7 novembre, de connaître la vérité sur l’état de santé exact d’Ali Bongo. Le mouvement dit regretter que des informations sur l’ampleur des ennuis de santé du président de la République ne proviennent désormais plus que des médias internationaux. La faute à «la cacophonie lexicale» d’une communication officielle «inaudible» qui, selon lui, «n’est pas faite pour rassurer l’opinion publique».

Aussi, le mouvement coordonné au Gabon par Marc Ona Essangui, appelle-t-il à «mettre un terme [au] déferlement de rumeurs qui s’empare de l’opinion» depuis l’annonce de l’hospitalisation du chef de l’Etat à Riyad, en Arabie Saoudite. Pour ce faire, il exige «qu’une délégation gouvernementale se rende, avec des représentants de l’opposition, de la société civile, du Senat et de la Cour constitutionnelle, au chevet du lit du chef de l’Etat, et rende compte à la Nation de l’état de santé du Président», et «qu’un compte rendu journalier de l’état de santé du président de la République soit fait par le gouvernement».

Le mouvement Tournons la page exige également «qu’en cas d’incapacité à exercer ses fonctions ou d’absence manifeste du chef de l’Etat, l’article 13 de la Constitution, portant sur la vacance temporaire ou définitive du pouvoir exécutif, soit activé pour permettre un fonctionnement régulier de l’Etat».

Pour Marc Ona Essangui et les siens, en accédant à leurs requêtes, les autorités gabonaises parviendront enfin à «rassurer l’opinion publique et éviter une psychose qui détériore la paix sociale déjà mise à mal par les événements post-électoraux violents d’août-septembre 2016, ainsi que par la politique d’austérité qui menace la qualité de vie des fonctionnaires et accentue le chômage des jeunes gabonais».