A l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, le président français Emmanuel Macron a annoncé, vendredi 27 avril, la création d’une Fondation pour la mémoire de l’esclavage et a dit soutenir le projet d’ériger à Paris, dans le Jardin des Tuileries, un mémorial national pour rendre hommage aux victimes.

Emmanuel Macron a annoncé, le 27 avril, la création de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. © Francois Lenoir/Reuters

 

170 années que l’esclavage a été aboli. Douze ans que les différents présidents français s’étant succédés depuis 2006 daignent s’exprimer officiellement pour honorer la mémoire des victimes de cette traite ayant duré 400 ans. «Aujourd’hui, il faut aller au-delà des mots», a décrété Emmanuel Macron vendredi 27 avril à l’occasion de la commémoration du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Sur sa page Facebook, le chef d’Etat français a sonné «le temps des actes».

Le premier acte d’Emmanuel Macron en faveur des victimes de l’esclavage est la création cette année de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. Présidée par Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre, et logée à l’Hôtel de la Marine où l’abolition de l’esclavage fut décrétée le 27 avril 1848, cette fondation «sera dotée de moyens humains et financiers mais aussi scientifiques pour mener des missions d’éducation, de culture, de soutien à la recherche et aux projets locaux», a-t-il précisé. La structure est déjà présentée comme «une institution capable de jeter des ponts et de développer des actions communes avec toutes les nations qui ont avec (la France) cette histoire en partage».

«La Fondation, selon le président français, aidera également à replacer l’esclavage dans le temps long de l’histoire de la France, du premier empire colonial français à nos jours. Car il est impossible de parler de la France d’aujourd’hui sans parler de son passé colonial, sans dire en particulier le rapport singulier qu’elle entretient avec le continent africain, cette relation complexe et profonde qui est devenue une part inaliénable de nos identités respectives

Le second acte de la France en faveur des victimes de l’esclavage pourrait également être l’érection à Paris, dans le Jardin des Tuileries, d’«un mémorial national pour rendre hommage à ces victimes, comme le demandent légitimement plusieurs acteurs de cette mémoire». Les descendants d’esclaves apprécieront.