La réalisatrice gabonaise, auteure de «L’africain qui voulait voler» et le réalisateur français, auteur de «Charles Ntchorere, un africain face aux Nazis», ont ouvert la 10e édition du festival pour documentaristes, le 23 novembre dernier.

Samantha Biffot et Jacky Moiffo, au terme de la projection de leurs films, le 23 novembre 2015. © Gabonreview

Samantha Biffot et Jacky Moiffo, au terme de la projection de leurs films, le 23 novembre 2015. © Gabonreview

 

Annoncée depuis plusieurs mois, la 10e édition des Escales documentaires de Libreville (EDL) s’est ouverte dans la soirée du 24 novembre dernier à l’Institut français du Gabon (IFG), en présence de nombreuses personnalités parmi lesquelles le ministre de la Communication et l’ancien directeur du Centre culturel français (CCF), initiateur, avec feu Charles Mensah, du festival.

«Charles Ntchorere, un africain face aux Nazis», en projection à l’IFG. © Gabonreview

«Charles Ntchorere, un africain face aux Nazis», en projection à l’IFG. © Gabonreview

En levée de rideau, le public a pu apprécier la projection de deux œuvres : la première, qui n’est pas allée à son terme en raison de quelques difficultés techniques, «Charles Ntchorere, un africain face aux Nazis», retrace les grands moments de la vie et de la carrière de l’officier de l’armée française né à Libreville en 1896 et mort sur le front de la Somme (France) en juin 1940. S’il a promis qu’une reprogrammation est envisagée avant la fin du festival, prévue pour le 29 novembre prochain, pour Jacky Moiffo, qui dit avoir initié son projet au détour d’une rencontre hasardeuse avec la statue de Charles Ntchorere, alors qu’il se trouvait à Libreville il y a quelques années, le film est une façon de réhabiliter la mémoire de ce militaire épris de la patrie française, pour laquelle il s’est fait tuer, sans que son corps ne fut jamais retrouvé. «Le but de ce film est de monter que la France devrait, pour une fois, rendre publique la vérité sur le rôle qu’ont joué les tirailleurs Sénégalais, en général, et en particulier le capitaine Ntchorere, dans ce qu’elle est aujourd’hui. Si la France est libre aujourd’hui, c’est parce que le capitaine Ntchorere a travaillé au Mali et à Saint-Louis au Sénégal, formant plus de 800 hommes, qui sont allés donner leur vie pour que mon pays soit libre et prospère. J’appelle donc la France à se réveiller et à rendre publique la vérité, tout simplement», a fait savoir le réalisateur français au terme de la projection.

«L’africain qui voulait voler», en projection à l’IFG. © Gabonreview

«L’africain qui voulait voler», en projection à l’IFG. © Gabonreview

Quant au deuxième documentaire, «L’africain qui voulait voler», il raconte le rêve, l’obsession et la détermination du gabonais Luc Benza, un jeune garçon, qui devient plus tard le premier africain à intégrer le temple Shaolin et à acquérir des techniques traditionnelles de kung-fu que seuls peu d’élus connaissent. «L’idée était de mettre en lumière une personnalité africaine et particulièrement un Gabonais que je considère comme un modèle pour la jeunesse du continent. J’ai trouvé dommage qu’on n’en parle pas plus, alors que Luc Benza est un exemple de persévérance, qui nous apprend que quand on croit en ses rêves et quand on a la volonté de le faire, on y arrive». Lauréat du concours de scénarios de la 7e édition en 2012, «L’africain qui voulait voler», aura mis trois ans entre l’écriture, la recherche de financements et le tournage. Le film, fortement apprécié du public, a coûté 86 000 euros environs, soit plus de 57,3 millions de francs. Des fonds mobilisés grâce à l’Institut gabonais de l’image et du son (Igis), l’Organisation internationale de la francophonie et au partenariat avec deux boîtes belge et française.

Pour la suite, le comité d’organisation a prévu la projection d’autres documentaires, notamment «Beats of Antonov» de Hajooj Kuka (Soudan, Afrique du sud), «Dieu ne travaille pas le dimanche» de Leona Goldstein (Rwanda), «Le dos de la veuve» de Mary-Noël Niba (Cameroun) et «Capitaine Thomas Sankara» de Christophe Cupelin (Suisse). Des projections qui se dérouleront à l’IFG à partir de 18h30 et à 16 h pour les scolaires, alors qu’à l’Université Omar Bongo (UOB), elles démarreront dès 16 h. Pour cette 10e édition, la projection de plusieurs films est prévue pour les 25, 26 et 27 novembre prochain à Port-Gentil et Moanda.