Les Escales documentaires 2017 se sont ouvertes le 20 novembre à Libreville. Valeurs sûres de la défense de l’art, de la tradition et de la culture gabonaise, Aziz’Inanga et Chef Keza ont été mis en lumière au lancement de cette 12e édition, à travers deux documentaires.

Hélène Charpentier, Chef Keza, Aziz’Inanga et Alice Atérianus Owanga lors de l’ouverture des 12e Escales documentaires de Libreville. © Gabonreview

 

Des instantanées des 12e Escales documentaires de Libreville. © Gabonreview

«Aziz’Inanga (Eclipse du clair de lune)» et «On est tous pygmée», deux documentaires signés d’Alice Atérianus Owanga et Hélène Charpentier, ont mis en relief deux artistes gabonais : Aziz’Inanga et Chef Keza. C’était à l’occasion de l’ouverture officielle des Escales documentaires de Libreville, le 20 novembre. Cette 20e édition a ainsi rendu un vibrant hommage à ces artistes, considérés comme deux valeurs sûres de la défense de l’art, de la tradition et de la culture gabonaise.

«Aziz’Inanga (Eclipse du clair de lune)»

Présentée comme l’une des plus grandes chanteuses du Gabon, puisant dans le folklore gabonais, Aziz’Inanga, s’est illustrée dans les années 1970-1990 par de nombreux titres dont le classique «Africa». Perdue des radars et donc de la scène vers les années 90, cette icône de la chanson gabonaise n’avait plus fait d’apparition publique depuis. C’est donc pour raconter son histoire, mais surtout pour lui rendre un vibrant hommage que Alice Atérianus Owanga a réussi à la convaincre de participer à ce film de 48 minutes.

Un documentaire émouvant et plein de rappels historiques et testimoniaux dans lequel on peut revoir Aziz’Inanga sillonner les scènes du Gabon, d’Afrique et du monde, imposant un style inspiré de rythmes traditionnels, du jazz et des musiques populaires africaines.

Il met également en relief les raisons du retrait de scène de l’artiste. Ostracisme, censure, et surtout la maladie sont à l’origine de ce retrait. Malgré son opération de la gorge en 1995, sa longue maladie et les thérapies, elle n’a pas perdu de sa superbe. Dans ce documentaire, Aziz’Inanga, à partir d’archives, de témoignages, de voyage musical et mémoriel, plonge le spectateur dans la nostalgie, mais se réconcilie également avec elle-même, sans renoncer à son engagement, à la dénonciation des tares dont sont victimes les populations. «Un chef d’œuvre», a apprécié un spectateur ayant dansé sur les musiques d’Aziz’Inanga pendant les années de sa gloire. Fragile, mais debout, Aziz’Inanga est et demeure.

«On est tous pygmée»

«On est tous pygmée». Deuxième documentaire projeté lors de la session d’ouverture des 12e Escales documentaires de Libreville, ce sont 26 minutes au cœur de la forêt tropicale. Hélène Charpentier transporte les téléspectateurs dans un film mettant en scène Chef Keza. Un rappeur du groupe de rap gabonais Movaizhaleine, enseignant de Sciences de la vie et de la terre (SVT) et tradi-praticien, initié au rite traditionnel Bwiti Dissumba.

Dans ce documentaire, tourné en pleine forêt, il se fait le porte-parole d’un mouvement idéologique initié par les rappeurs dans les 90. Fier de ses racines et de ses origines, Chef Keza ouvre le débat sur plusieurs questions d’actualité. Fidèle à son engagement de rappeur et de gardien de la tradition et des valeurs ancestrales, il dénonce l’Occident enclin à décimer les forêts africaines. Mais aussi, la cupidité des leaders du continent. Tout comme il encourage la réappropriation des langues vernaculaire, de l’histoire et des traditions africaines.

Au-delà, le documentaire d’Hélène Charpentier soulève un problème actuel : celui de la protection de l’environnement. Pour Chef Keza, on peut bénéficier de la richesse de la forêt tout en la protégeant. «On ne refuse pas de partager», a-t-il dit.

Les Escales documentaires se poursuivent jusqu’au 25 novembre. Plusieurs programmations et autres activités meubleront ces moments forts de la vie culturelle de la capitale gabonaise, organisées par l’Institut français du Gabon (IFG) et l’Institut gabonais de l’Image et du son (Igis).