Elle n’aura figuré dans le gouvernement que durant 3 jours. Du fait d’être sous le coup d’une instruction judiciaire, la ministre déléguée auprès du ministre d’Etat en charge du Budget et des comptes publics a été contrainte à la démission. Justice à la carte ou casting bâclé ?

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Sans que le communiqué final du tout premier Conseil des ministres du deuxième gouvernement Issoze Ngondet n’en ait pipé un mot, Irène Patricia Boussamba, ministre déléguée auprès du ministre d’Etat, ministre du Budget et des comptes publics, a été contrainte à démissionner du gouvernement, trois jours seulement après sa nomination.

Des sources concordantes soutiennent qu’elle n’a même pas pris part au conseil des ministre du 25 août dernier. Ce que confirme d’ailleurs la photo de famille du gouvernement, prise au sortir dudit conclave. «Elle a démissionné pour des raisons de convenance personnelle. Le Premier ministre l’a reçue et lui a indiqué les contraintes relatives à sa situation de prévenue, même si elle jouit de la présomption d’innocence», explique un membre du gouvernement.

Ancienne secrétaire de Magloire Ngambia, la ministre éphémère est sous le coup d’une procédure judiciaire relative à l’Opération Mamba, pour laquelle elle avait été entendue, gardée à vue et mise en liberté provisoire, soutiennent des sources concordantes. Le 10 janvier dernier, son ancien patron a été placé sous mandat de dépôt délivré par le tribunal de première instance de Libreville. Enfant du sérail, ce réputé cousin d’Ali Bongo a été inculpé pour détournement de deniers publics, un «crime prévu et puni par l’article 141 du code pénal». Les sources proches du dossier indiquaient alors qu’il serait accusé d’avoir détourné pas moins de 500 milliards de francs CFA et de s’être fortement mouillé dans des magouilles financières avec Guido Santullo, l’homme d’affaires italien en bisbille avec l’Etat gabonais. En juin dernier, des documents de l’enquête ayant fuité ont notamment mis en lumière un mail datant du 04 août 2011 rédigé par Irène Patricia Manguila Boussamba, alors secrétaire particulière du ministre alors en charge des Infrastructures, des Travaux publics et de l’Aménagement du territoire, demandant des faveurs à Guido Santullo pour le voyage d’une tierce personne en Italie.

Il reste que Irène Patricia Boussamba n’aura pas échappé à l’erreur de casting bénéficiant à d’autres personnalités actuellement aux affaires et ayant elles aussi au moins été entendues, donc également sous le coup d’une procédure judiciaire. A titre d’exemple, Yves Fernand Manfoumbi a été énormément cité dans l’affaire Santullo Sericom. Notamment pour avoir certifié «service fait», en avril 2013 alors qu’il était directeur général du Budget (DGB), des travaux du Groupement Santullo Sericom, en vue du paiement de 8,75 milliards de francs CFA controversé par la suite, documents authentiques à l’appui. L’homme est ministre de l’Agriculture, de l’Elevage, chargé du programme Graine. Serait-on donc, avec Irène Patricia Boussamba, dans le cas d’une justice à la carte ?