En relation depuis de nombreuses années avec son ancienne université, Eric Benjaminson, l’ex-ambassadeur des Etats-Unis au Gabon, s’est trouvé une nouvelle vocation dans son pays : assurer la gestion du partenariat scientifique unissant le Gabon à l’Université d’Oregon.

Eric D. Benjaminson, lors d’une visite à la rédaction de Gabonews à Libreville, en novembre 2012. © Gabonews.com

Eric D. Benjaminson, lors d’une visite à la rédaction de Gabonews à Libreville, en novembre 2012. © Gabonews.com

Paraphé le 10 juin 2011 à Washington (Etats-Unis) par le chef de l’Etat gabonais, le partenariat scientifique unissant le Gabon et l’Université d’Oregon (UO), aux Etats-Unis, initié par la Global Oregon Initiative, est établi sur un programme de recherches conjointes dans les domaines de l’écotourisme et de la gouvernance environnementale. Le centre transnational Gabon-Oregon dont la mission est notamment de veiller au développement de ce partenariat vient de porter à sa tête une personnalité bien connue des Gabonais et notamment des autorités du pays : l’ambassadeur sortant des Etats-Unis au Gabon, Eric Benjaminson, ainsi que l’a relayé le site AroundtheO.com.

L’ancien ambassadeur américain aurait donc récemment accédé à la demande de l’UO de servir comme premier directeur exécutif de l’Oregon Research Center-UO, une transnationale sur l’environnement et le développement basée à Eugene aux Etats-Unis et à Libreville. Si l’ex-ambassadeur a été choisi pour le poste, c’est qu’il est, lui-même diplômé de Clark Honors College de l’UO. Après avoir pris sa retraite et quitté le service extérieur des États-Unis pour lequel il a travaillé 32 ans durant, notamment en Europe, en Chine, au Canada, au Burkina Faso, au Nigeria, en Namibie et au Gabon, le diplômé d’Histoire de l’UO (1981) a donc fat le choix de travailler à nouveau pour le compte de son pays, dans une moindre mesure.

L’objectif principal du groupe dont il a la charge sera de développer la recherche et la formation, tout en veillant à la promotion des différents projets inscrit dans le domaine du développement durable au Gabon. Des enseignants de niveau supérieur, des étudiants et des porteurs de projets de recherche du Gabon et de l’Université d’Oregon seront de ce fait appelés à travailler avec Benjaminson pour l’accomplissement de la mission du Centre Gabon-Oregon, indique-t-on.

Le projet, controversé au Gabon du fait que le pays y avait investi 15 millions de dollars, avait poussé Eric D. Benjaminson à expliquer à Gabonreview que cet argent n’était pas un don : «tous les financements et le capital appartiennent au Gabon. Il y aura des échanges entre les chercheurs et les élèves mais la concentration des efforts se situera au Gabon, avec, en plus, la participation des Gabonais dans la recherche à l’université d’Oregon pour former le capital humain gabonais. Ce n’est pas comme si on construisait un nouveau bâtiment du département d’histoire à l’université d’Oregon avec l’investissement du Gabon. Toutes les recettes de l’investissement du Gabon seront dépensées au Gabon ou avec les professeurs qui viennent au Gabon».

Pour lever tout soupçon de délit d’initié, Benjaminson expliquait alors : «Je suis diplomate en permanence, je n’ai aucun financement, je ne reçois pas d’honoraires. Ce n’est pas permis par nos lois. Je ne veux pas mettre en danger ma carrière pour recevoir quelques centaines de dollars. Ce qui est central, c’est que je connais l’université, je connais les capacités de ses enseignants. L’université m’a approché à cause de nos relations dans le passé. C’est plutôt un bon deal pour le Gabon je pense.»

« Nous sommes déjà leaders dans la recherche et la pratique durable. Mais le centre UO-Gabon nous donnera de nouvelles possibilités de leadership international », a déclaré Brendan Bohannon, professeur de biologie, par ailleurs directeur de l’Institut d’écologie et de biologie évolutive et président du Conseil de la durabilité à l’UO, dans une récente interview accordée à Global Oregon. Ainsi, il s’agira pour l’ancien ambassadeur d’établir de nouveaux partenariats à travers le Gabon et l’Afrique par le biais d’un consortium d’établissements d’enseignement supérieurs du continent avec ceux de l’UO, à l’instar de l’Oregon State University, Oregon Health and Science University, Portland State University et l’Université Willamette, a notamment indiqué Sarah MacKenzie, du service Communication de l’UO.