Face aux difficultés de trésorerie rencontrées par le ministère de l’Equipement, des Infrastructures et des Mines, en ce qui concerne l’entretien des routes du pays, en piteux état, le ministre de tutelle, Christian Magnagna, a indiqué que l’on s’achemine vers un fonds qui va reprendre l’ensemble du système de redevance.

Le Gabon réfléchit à la création d’un fonds devant permettre l’entretien régulier de son réseau routier. © D.R.

 

Le membre du gouvernement s’est exprimé dans le cadre d’un entretien-bilan, diffusé le 24 décembre 2018 sur Lenouveaugabon.com, consacré aux acquis infrastructurels de l’année 2018, ainsi qu’aux grands axes de la politique gouvernementale du pays en matière d’infrastructures routières. Dans cet échange, Christian Magnagna assure que le gouvernement s’engage à trouver des solutions idoines pour régler définitivement les problèmes du réseau routier national. Ceci d’autant plus qu’il précise que depuis 2013, l’entretien routier n’a pas été effectué comme cela aurait dû être, «parce qu’il y a des variables d’ajustements budgétaires».

Mais face à l’ampleur des tronçons impraticables et à la dégradation du réseau routier à l’intérieur du pays comme dans la capitale, le gouvernement envisage une solution. Or, il y a moins de cinq ans, il existait le Fonds d’entretien routier (FER). Il assurait la collecte d’un certain nombre de ressources et redevances, payées par les usagers de la route. Ces sommes étaient dédiées à l’entretien routier. «Nous sommes en train de revenir sur ce modèle de mise en place d’un fonds qui va reprendre l’ensemble du système de redevance, détaché des contraintes du trésor afin de s’assurer pleinement de l’entretien routier», a annoncé Christian Magnagna. Et l’opération pourrait débuter dès 2019.

«Nous nous engageons donc qu’à partir de l’année 2019, des solutions soient trouvées pour régler définitivement cette situation qui est très déplorable», a dit le membre du gouvernement, expliquant que «compte tenu de la contraction des ressources, l’Etat a été obligé de faire des arbitrages et parfois des impasses pour ce qui est de l’entretien routier».

Quant au rôle des directions provinciales des Travaux publics qui aidaient à stabiliser la qualité de ces infrastructures, le ministre a affirmé qu’«elles ont toujours eu un rôle d’observateur et de surveillant du réseau routier national dans leur zone de compétence». Elles ont pour missions, explique-t-il, de relever les différentes anomalies qu’elles constatent et les remontent à la Direction centrale pour leur prise en compte lors de la programmation de l’entretien routier ou de l’intervention de l’Etat sur l’ensemble du réseau routier, qu’il s’agisse des infrastructures de transport ou d’équipements.

«Ce travail se fait toujours, mais faute de moyens financiers pour répondre à leur sollicitation et parfois même à leur injonction, cela devient très difficile. C’est souvent dans ce genre de situation que nous nous retrouvons», a reconnu le membre du gouvernement.