Représentante du Gabon à la troisième édition de l’entrepreneurship forum, organisée par la Fondation Tony Elumelu,  Jessica Medza Allogho, partage «son expérience de l’entrepreneuriat et sa passion pour les confitures» dans cette interview accordée à Gabonreview.

L’artisan confiturier, Jessica Medza Allogho. D.R.

 

Gabonreview : Qu’est-ce qui vous a poussé dans le monde des affaires ?

Jessica Medza, Allogho : Je suis entrepreneur par passion, parce que j’ai eu envie à un moment donné de me mettre en mon compte, après  10 ans de vie professionnelle. Je suis ingénieur de formation et j’ai travaillé dans le privé pendant quelques années.  J’ai eu une période de remise en question et j’ai voulu réorienter mes priorités dans la vie et lui donner un autre sens : être épanouie, pouvoir laisser libre cours à ma créativité. Car, j’estimais que j’avais des talents que je n’exploitais pas et comment  les capitaliser et vivre pleinement de ce que j’aime ? C’est pour ces raisons que je suis devenue entrepreneur.

Pourquoi le choix de ce secteur d’activité ?

Je suis tombée dans la bassine de confiture un peu par hasard comme j’aime souvent le dire (Rire). J’ai vécu en Asie pendant quelques années et pour mon retour au Gabon, on m’a fait un cadeau : un cajot de mangues de 30 kilos qui, sur le coup, m’a paru un cadeau empoisonné, mais qui finalement a été le début d’une très belle aventure. Je me suis demandé qu’est-ce que je ferai avec ces mangues, par ailleurs trop mûres. Quand je suis arrivée au Gabon, l’idée de la confiture, m’a habité : d’où le choix de la production de la confiture. Je suis quelqu’un qui aime voyager, donc j’ai voulu amener dans mes confitures cette idée de voyage, de mélange des mangues d’Asie, le fruit de la passion, de la vanille de Tahiti. Ce projet est un peu le prolongement de ma créativité et de mes expériences de vie et de voyage. J’ai tout simplement décidé de me consacrer de manière professionnelle à ce qui n’était auparavant qu’une passion savamment entretenue. C’est ainsi qu’est née la marque de confiture «Les petits pots de l’Ogooué»

Jessica Medza Allogho et Jérémie Nze à l’entrepreneurship forum organisée par la Fondation Tony Elumelu. © Gabonreview

D’où proviennent les matières premières que vous utilisez et quel est votre volume de production ?

Tous les fruits que nous utilisons sont récoltés au Gabon. On s’approvisionne chez des agriculteurs villageois ou auprès de certaines coopératives. L’idée est de faire le commerce équitable, de travailler en direct avec les producteurs locaux, afin de soutenir le tissu économique et de créer des filières de développement pour tous ces agriculteurs. Aujourd’hui, nous faisons beaucoup de ventes directes : entre 800 et 1000 pots par mois.

Vos produits peuvent-ils  concurrencer ceux importés ?

Oui, je le pense dans le sens où, nous avons un produit qui est très différent des produits importés, en termes de qualité. Nous travaillons avec des fruits frais, nos produits ont une teneur en fruit très élevée. Nous sommes dans l’ordre de 65 à 70%, comparativement aux productions importés qui n’envoisinent que 50% de teneur en fruits. Par ailleurs la teneur en sucre de nos produits est faible. Nous avons des atouts importants, tels les saveurs de nos fruits et le savoir-faire local.

Est-il facile d’être entrepreneur au Gabon ?

Ce n’est peut-être pas facile, mais c’est passionnant. C’est vraiment une expérience de vie. Ce sont des apprentissages nouveaux. C’est cela qui me motive et me tient debout, pour  travailler jusqu’à quatre heures ou cinq heures du matin. Les erreurs, les difficultés, nous font travailler et nous permettent d’avancer. Tant qu’on a la motivation, qu’on a envie d’avancer, naturellement les difficultés se lèvent. On trouve des gens qui sont prêts à nous accompagner, à nous aider à trouver des solutions et à saisir des opportunités. Je pense qu’il faut avoir de l’énergie, et après le reste suit.

Les petits pots de l’Ogooué. © D.R.

Quelles sont les perspectives pour les petits pots de l’Ogooué ?

Aujourd’hui, nous allons agrandir notre réseau de distribution, on va être disponible dans plus de points de vente. D’ici quelques semaines, vous verrez nos nouveaux points de ventes. Nous sortirons de nouveaux formats, à destination de l’hôtellerie et des professionnels. Des coffrets cadeaux pour des fêtes. Nous sommes joignables via notre page Facebook : les petits pots de l’Ogooué, sur Instagram, sur WhatsApp. Et nos produits sont trouvables dans quelques points de vente de la capitale gabonaise, entre autres, la boulangerie «La Parisienne», l’ «Épicerie fine ITC» et «Gabon téléshopping».