Engagé dans une campagne de vulgarisation des chantiers initiés par son département, le ministre de la Promotion des Petites et moyennes entreprises (PME) s’est récemment confié au média en ligne lenouveaugabon.com. Amélioration du climat des affaires, facilitation de l’Etat à l’entrepreneuriat, paiement de la dette intérieure…sont autant d’éléments abordés dans cet entretien. Morceaux choisis.

En premier plan, le ministre de la Promotion des PME. © Gabonreview

 

Arrivé à la tête du ministère de la Promotion des Petites et moyennes entreprises (PME), en octobre 2016, Biendi Maganga Moussavou s’attelle à remplir les nombreuses missions confiées à ce département ministériel. Parmi celles-ci : «faciliter la création des entreprises, la formation de ceux qui veulent entreprendre, permettre un meilleur accès aux financements et aux marchés. Voici ce à quoi nous nous attacherons».

La tâche est donc de taille, dans un environnement où entreprendre relève du chemin de croix. Plusieurs chantiers ont ainsi été engagés par le membre du gouvernement, à commencer par l’amélioration de l’environnement des affaires. «Cela ne nous a pas échappé. Nous en avons conscience. Cet environnement fait partie des préoccupations du gouvernement», a confié Biendi Maganga Moussavou, dans une interview, parue le 31 mai dernier sur lenouveaugabon.com.

Et le membre du gouvernement de souligner l’organisation du Haut conseil pour l’investissement. Cette institution pose les bases d’un dialogue public-privé pour améliorer l’environnement des affaires et le rendre beaucoup plus compétitif. «Il y a un certain nombre d’aspects qui nécessitent d’être améliorés. Et c’est ce à quoi nous nous attellerons dans le cadre de ce programme», a-t-il lancé.

Dans le cadre de cette quête, Biendi Maganga Moussavou a également évoqué le rôle de facilitateur de l’Etat. Un aspect d’autant plus important que les structures créées dans ce sens, à l’instar du Fonds d’aide et de garantie (Faga) et du Fonds de développement et d’expansion (Fodex), ont toutes échoué. «Les leçons ont été tirées. Toutes les institutions que nous souhaitons lancer se feront avec une meilleure gouvernance», a-t-il assuré.

Par ailleurs, ces réformes seraient incomplètes si elles n’intégraient pas une autre problématique, celle de l’accès au financement. «Il ne s’agit pas de dire que les banques ne prêtent pas. Elles prêtent à qui ?», a cependant recadré le ministre de la Promotion des PME. «Elles doivent proposer à des gens qui ont une idée, à des entrepreneurs que nous avons à accompagner», a expliqué Biendi Maganga Moussavou. D’où la création d’incubateurs pour combler cette lacune.

«C’est ce à quoi servent les incubateurs que nous souhaitons créer. Vous avez des incubateurs, des espaces de rencontres, des espaces PME, qui comptent aujourd’hui près de 1 600 entreprises qui reçoivent leur bulletin d’entreprise et 86 entreprises intégrées dans un échange d’expériences», a expliqué le membre du gouvernement, soulignant qu’«après ces Gabonais formés, nous espérons avoir un financement adapté».

Dans ce sens, a Biendi Maganga Moussavou rappelé la création d’un fonds de garantie. Celui-ci a pour objet de «favoriser la flexibilité bancaire et du secteur des établissements de microfinance pour faire en sorte que, non seulement le taux à la sortie soit moins important, mais également qu’il y ait des intérêts pour les banques à financer les PME. C’est 50% de garantie». Toutefois, a-t-il soutenu : «Le fonds de garantie ne se substitue pas aux banques».

Autre élément pris en compte dans les réformes du ministère de la Promotion des PME, le paiement de la dette intérieure avec la difficulté, pour l’Etat d’épurer celle-ci. «On sait qu’il y a des raisons qui entraînent cette situation, parmi lesquelles on constate que souvent, les entreprises saisissent les opportunités un peu rapidement, sans forcément respecter les règles. Il y en a qui n’existent pas vraiment, qui sont le produit d’un one man show», a déclaré Biendi Maganga Moussavou.

Ce dernier a ainsi souhaité que les entreprises respectent les procédures et qu’elles soient structurées. Biendi Maganga Moussavou a reconnu que le gouvernement doit respecter de manière ferme, la passation de la commande publique. «Il est important de respecter au minimum 70% de marché par compétence», a-t-il conclu.