Fichés comme sympathisants du groupe putschiste du coup d’Etat manqué de juillet 2016, en Turquie, les étudiants gabonais de ce pays, victimes d’arrestations, ont interpelé les autorités gabonaises sur cette situation déplorable.

Nombre d’étudiants gabonais sont victimes d’arrestation «arbitraires», en Turquie. © journallarevue.com

 

Inquiets de la tournure des évènements, l’association des étudiants et apprenants gabonais de Turquie (Collegaturq), a interpellé le gouvernement gabonais sur leur situation en Turquie, où ils sont victimes d’arrestations arbitraires. En effet, nombre d’étudiants gabonais ont été fichés par les services de police turcs, comme appartenant à un groupe terroriste.

«Le cauchemar des étudiants a commencé le 30 septembre 2016 : un décret est signé par le Président de la République de Turquie stipulant que même les étudiants sont désormais passibles d’arrestation», a déploré le Collegaturq, relayé par le média en ligne info241.com. Une décision en rapport avec le putsch avorté dans ce pays, en juillet 2016. En effet, le gouvernement turc soupçonnerait les étudiants, toutes nationalités confondues, d’alimenter en informations certains leaders du coup d’Etat manqué.

«Nous exigeons des plus hautes autorités gabonaises qu’elles pèsent de tout leur poids afin que le gouvernement turc puisse effacer nos noms de ladite listes», ont lancé les membres du collectif. «Car il n’est pas concevable que nous sommes tous venus en Turquie par la volonté des autorités politiques gabonaises en tête desquelles, Ali Bongo, dans le désir de redynamiser la coopération Gabon-Turquie et que nous nous retrouvons fichés en Turquie comme des étudiants appartenant à un groupe terroriste selon des médias turcs», ont-ils ajouté.

La position du gouvernement turc est d’autant motivée que certains apprenants gabonais sont inscrits dans des écoles supérieures appartenant au prédicateur septuagénaire, Fethullah Gülen, aujourd’hui exilé aux Etats-Unis et considéré par le pouvoir turc comme l’instigateur du putsch. Les étudiants gabonais fichés sur la liste noire du gouvernement sont repérés, puis interpelés par les services de police, au moment du renouvellement de leur titre de séjour.

«Nous avons les pays comme l’Afrique du Sud et, plus récemment, le Maroc, pour ne citer que ceux-là, qui ont pu lever l’équivoque de manière définitive, en faisant supprimer de cette liste les noms de leurs étudiants», a lancé Collegaturq, espérant que le Gabon se mobilisera pour entamer la même démarche pour ses étudiants en Turquie.