Nommé ministre de l’Enseignement supérieur le 5 mai 2018, Jean De Dieu Moukagni-Iwangou a présenté le 4 janvier le bilan de ses 7 mois et 25 jours passés au gouvernement.

Moukagni Iwangou, le 4 janvier 2018 à la Chambre de commerce de Libreville. © Gabonreview

 

«Ma contribution au service public de l’Enseignement supérieur doit s’apprécier à l’aune de trois chantiers», a déclaré Jean de Dieu Moukagni-Iwangou le 4 janvier. Il s’agit de la réforme du système de nomination des recteurs des universités et des directeurs généraux des grandes écoles, les capacités d’accueil des universités et grandes écoles et la situation des enseignants.

Le premier chantier s’appuie sur le décret 216/PR/MESRS du 18 juillet 2017 fixant la procédure de désignation des chefs d’établissements publics d’enseignement supérieur et l’arrêté 001/MESRS/CABM du 23 janvier 2018 fixant les modalités d’application dudit décret.

Sur cette base, 3 candidatures ont été retenues à l’Université Omar Bongo(UOB) comme à l’Ecole normale supérieure de l’enseignement technique (ENSET), à l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM) et à l’Ecole normale supérieure (ENS). A l’Université des sciences de la santé (USS) et l’Institut national des sciences de gestion (INSG), les deux seules candidatures en lice pour chacun des établissements ont été retenues,  tandis qu’à l’Institut supérieur de technologie (IST), tous les 4 candidats en lice étaient non éligibles pour insuffisance de grade.

A l’Institut universitaire des sciences de l’organisation (IUSO), la seule candidature en lice était inéligible. Pour ces deux cas, précise Moukagni-Iwangou, «le président de la République décidera en toute souveraineté, selon sa discrétion». Les résultats de cette réforme «(…) qui ont fait l’objet d’une communication le 21 août 2018 sont sur la table du président de la République et son indisponibilité n’a pas permis pour l’instant d’obtenir un décret de nomination de sa part», a indiqué le ministre.

Pour le deuxième chantier, celui relatif à la faible capacité d’accueil des universités et grandes écoles, laquelle solidifie l’engorgement l’enseignement supérieur, Moukagni-Iwangou n’a pas pu faire quelque chose. Le dernier chantier est lui aussi rabougri car, «le quart du personnel assurant l’encadrement pédagogique dans nos universités et grandes écoles est en situation de présalaire, ou en attente de présalaire».

Ce bilan, Moukagni-Iwangou le dresse alors que les Gabonais attendent la formation d’un gouvernement. Si d’aucuns y voient un appel de pied, il dit être animé par le souci de rendre compte aux Gabonais comme il l’avait promis en entrant au gouvernement.

Intégrera-t-il le prochain gouvernement ? L’opposant d’hier est sans équivoque à ce sujet. «Devant le jeu politique national, qui tarde à donner des certitudes, et face à la souffrance d’un public cible, qui n’attend pas l’alternance pour vivre, j’ai pensé me mettre au service de ce que je connais le moins mal, c’est-à-dire, la formation. J’ai pensé que travailler à l’utilité de 38.000 jeunes gabonais était utile pour le pays. Et lorsque pendant sept mois, vous parvenez au quotidien, à inspirer confiance dans un univers aussi délicat, je pense que le jeu en vaut la chandelle», a-t-il plaidé. Selon lui, les difficultés de l’Enseignement supérieur appellent un plan d’urgence, pour «redistribuer l’université à l’ensemble du territoire, moderniser le cadre de vie de l’étudiant, ainsi que le statut de l’enseignant». «Sur ce terrain, je suis en parfaite harmonie avec le Chef de l’Etat, qui m’a partagé son ambition sur la question», affirme-t-il.