Réclamant le paiement des vacations 2015, 2016 et 2017, les enseignants de l’Ecole normale supérieure (ENS) sont en grève générale illimitée depuis le 23 mai à Libreville.

L’entrée principale de l’ENS, le 24 mai 2018 à Libreville. © Gabonreview

 

Estimant avoir été floués par leur tutelle, les enseignants de l’Ecole normale supérieure (ENS) ont déclenché un mouvement de grève générale illimitée au sein de leur établissement, le 23 mai à Libreville. Ces derniers réclament essentiellement le paiement des vacations.

«Nous avons des arriérés de 2015 et 2016 qui ne sont pas encore épuisés. En fin de semaine dernière, il y a eu un geste. Mais nous estimons que ce qui nous a été donné est ridicule», a déploré, le 24 mai à Libreville, une enseignante-chercheuse de l’ENSS. Selon Emmanuelle Nguema Minko, en effet, certains enseignants sont sortis du Trésor avec 32 000, 15 000 ou 6500 francs CFA. «C’est vraiment dérisoire par rapport à ce qui nous est dû», a-t-elle estimé.


Quelques revendications des enseignants ici listées. Et, Emmanuelle Nguema Minko en compagnie d’un collègue. © Gabonreview

Résultat des courses : les enseignants ont rallongé leur liste de revendications. En plus des vacations de 2015 et 2016, ils réclament aussi celles de 2017. Une décision que n’a pu contrecarrer le ministre de tutelle, qui a reçu les enseignants le 23 mai à Libreville. «Nous avons été reçus hier par le ministre, qui a fait preuve de beaucoup de bonne volonté. Reconnaissant que le gouvernement nous doit, le ministre nous a assuré qu’il allait se battre pour épurer ou payer une bonne partie des arriérés de nos vacations», a révélé Emmanuelle Nguema Minko.

Qu’à cela ne tienne, les enseignants se sont fermes : «Le mouvement ne sera levé qu’au paiement intégral de nos vacations. Nous avons suffisamment fait preuve de bonne volonté. A la limite, on a été maboules. Nous n’aurions pas dû reprendre les cours, sans avoir au préalable épuisé la dette de 2015 et 2016», a souligné Emmanuelle Nguema Minko.

Les enseignants sont d’autant plus inflexibles que certains collègues se font régulièrement payer dans les locaux de l’ENS. «Nous en sommes encore à réclamer les reliquats de 2015 et 2016, alors que les autres sont payés pour le premier semestre 2018. Et pourtant, nous avons tous les mêmes ordonnateurs de crédit. C’est assez inédit comme situation», ont conclu les enseignants de l’ENS, bien décidés à aller jusqu’au bout.