En annonçant le nouveau plafond de sa politique d’endettement, le gouvernement compte contenir l’explosion de son niveau d’endettement qui suscite des inquiétudes de certains analystes, et même du Fonds monétaire international (FMI).

© leconomistemaghrebin.com

 

Les autorités gabonaises viennent d’annoncer un nouveau plafond de l’endettement pour les deux prochaines années. Entre 2017 et 2019, la dette sera limitée à 1472 milliards de FCFA, conformément à la stratégie 2016-2019 de maîtrise de la dette. Le gouvernement compte ainsi contenir l’explosion de son niveau d’endettement, qui suscite déjà les inquiétudes de certains analystes et même du FMI.

Concrètement, le plafond des nouveaux engagements cette année 2017 sera de 659 milliards de francs CFA. Il comprendra 559 milliards de francs d’emprunts extérieurs et 100 milliards de francs d’engagements intérieurs. Soit respectivement, 84,8% et 15,2% des montants sollicités. Ces emprunts seront constitués de prêts extérieurs classiques et d’emprunts obligataires régionaux.

Pour 2018, le plafond des emprunts se chiffrera à 484 milliards de francs CFA. Ils seront constitués de 384 milliards de francs d’engagements extérieurs et de 100 milliards de francs d’engagements intérieurs. Soit respectivement, 79,3% et 20,7% du total des prêts.

En 2019, par contre, les nouveaux engagements seront fixés à 329 milliards de francs CFA. Ils seront composés de 229 milliards de francs d’emprunts extérieurs et 100 milliards de francs d’emprunts intérieurs. Soit respectivement 69,6% et 30,4% du montant global des nouveaux engagements.

A travers ce nouveau plafond, les autorités gabonaises entendent ainsi contenir l’explosion du niveau d’endettement du pays. En effet, la dynamique d’endettement du Gabon a commencé à susciter des inquiétudes, depuis quelques années et prend une nouvelle ampleur depuis le début de la conjoncture économique qui affecte le pays, en raison notamment de la baisse du cours du baril sur les marchés internationaux. Une situation ayant d’ailleurs inquiété le Fonds monétaire international (FMI), dont une mission est actuellement sur le terrain à Libreville.

Il y a quelques mois, dans une étude intitulé, «Dette publique du Gabon : Etats des lieux, évolutions et perspectives», Mays Mouissi avait lui aussi tiré la sonnette d’alarme sur cette situation. «La progression de la dette publique, le recul des ressources budgétaires et le prolongement de la baisse des cours du pétrole, devraient conduire l’Etat gabonais à assurer une plus grande maitrise de l’endettement», avait lancé l’analyste économiste, plaidant pour une plus grande prudence dans la stratégie d’endettements des autorités.