L’opposant gabonais entend bien s’imposer au nouveau président français, qu’il considère déjà comme son homologue, bien que n’ayant pas encore prêté serment.

Jean Ping, en décembre 2016 à Libreville. © Timael Mbembo

 

Dans sa lettre de félicitations adressée, dimanche 7 mai, à Emmanuel Macron, Jean Ping a pris le soin de préciser qu’il écrivait au nouveau président français en sa qualité de «président élu de la République gabonaise». Il ne s’agissait donc pas d’une correspondance d’un président en fonction à son homologue, mais presque. D’autant que, sur RFI, le 8 mai, l’opposant gabonais l’a reconnu : «Je n’ai pas encore prêté serment. Je ne suis pas, effectivement, encore au pouvoir.»

Pourtant, l’ancien président de la commission de l’Union africaine compte bien s’imposer au futur locataire de l’Elysée. «Je serai le président de la République du Gabon. Il sera bien obligé de le reconnaitre même s’il ne le voulait pas», a-t-il prévenu, non sans laisser entendre qu’Emmanuel Macron serait favorable à son accession au pouvoir. Pour cause, a-t-il tenu à rappeler, «j’ai été élu président de la République gabonaise. Ali [Bongo] le sait. Les faits sont là».

Reste donc à l’ex-président du mouvement En Marche ! de «secouer le cocotier» au profit de l’opposant gabonais, qui entend revendiquer sa victoire à la présidentielle d’août 2016 «jusqu’au bout». Pour Jean Ping, le nouveau président français qui, en avril dernier, avait émis des doutes au sujet de la réélection d’Ali Bongo, «ne pourra pas, ne devrait pas et, [croit-il], ne fera pas de la continuité». Il espère en tout cas que le Gabon ne soit plus «le prototype de la Françafrique de papa». N’empêche, son approche, pour le moins curieuse, laisse parfaitement voir qu’il compte encore sur cette même Françafrique.