S’il n’est pas du tout fâché d’avoir été débarqué du gouvernement, l’ex-ministre du Travail n’a pas non plus manqué de revendiquer d’avoir fait de son mieux, avant de féliciter, mercredi 23 août, le président de la République et le Premier ministre de l’avoir remplacé par une jeune.

L’ex-ministre du Travail entend servir à nouveau le Gabon à l’Assemblée nationale. © D.R.

 

Eloi Nzondo n’est plus ministre depuis le 21 août. Il a été débarqué comme 13 autres après dix mois de service à la tête du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation technique et professionnelle, et de l’Insertion des jeunes. Est-ce pour incompétence ? Certainement pas. L’ex-ministre, comme l’ont reconnu certains de ses anciens collaborateurs, mercredi 23 août, au terme de la passation des charges avec sa remplaçante Carmen Ndaot, «a mouillé la chemise». En moins d’un an, il a contribué à trouver des formations et des contrats en entreprises à plusieurs centaines de jeunes Gabonais, particulièrement dans les provinces de l’Estuaire et de l’Ogooué-Maritime, dans le cadre du Contrat d’apprentissage jeunesse (CAJ) initié en partenariat avec l’Office nationale de l’emploi (ONE).

Scène de la cérémonie de passation des charges, le 23 août 2017 à Libreville. © Gabonreview

Au cours de la cérémonie de passation des charges avec la nouvelle ministre du Travail, qui n’a pas manqué de le féliciter pour le travail abattu ces derniers mois, Eloi Nzondo n’a pas affiché un seul iota d’aigreur. Au contraire. «C’est un privilège de pouvoir servir son pays, et il n’est pas donné à tout le monde d’occuper de telles hautes fonctions. A partir du moment où vous êtes nommé ministre, vous devenez un soldat du président de la République. Vous mettez en pratique la vision du chef de l’Etat», s’est exprimé l’élu du 3e arrondissement de la commune de Libreville, qui a promis d’aller servir le Gabon, dans les prochains jours, à l’Assemblée nationale en tant que député.

Si Eloi Nzondo n’est pas déçu d’avoir été débarqué par Ali Bongo et Emmanuel Issoze Ngondet, c’est qu’à ses dires il se satisfait de ce que, dans la composition du nouveau gouvernement, une jeune Gabonaise ait remplacé un autre jeune Gabonais. «Nous avons la grâce d’avoir une ministre jeune. Celui qui part est jeune. Je constate que le président de la République est dans sa logique de promotion de la jeunesse gabonaise», a-t-il relevé.

Pour beaucoup, l’entrée au gouvernement d’Eloi Nzondo, il y a dix mois, était une façon pour Ali Bongo de féliciter et remercier le travail abattu par le militant du Centre des Libéraux Réformateurs (CLR, majorité) sur le terrain. Le jeune député a mené de bout en bout une campagne pour le moins agressive à la faveur du candidat du Parti démocratique gabonais (PDG) pendant la campagne électorale d’août 2016, et même bien avant celle-ci, qui comptait pour la dernière présidentielle.