L’Agence de régulation du secteur de l’eau potable et de l’énergie électrique (ARSEE) a relevé, depuis ces derniers mois, plusieurs anomalies et disfonctionnements dans les services dévolus à la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), notamment dans la fourniture de l’électricité.

La desserte de l’électricité sur la route de Tchengué à Port-Gentil. © ARSEE

 

Certaines installations présentent «des risques d’électrisation». © ARSEE

Problèmes d’accès à l’électricité pour des centaines de ménages à travers le pays, branchements électriques jugés dangereux, difficulté à maintenir ou à renouveler ses équipements…l’ARSEE n’apprécie pas beaucoup le travail de la SEEG effectué ces dernières années sur l’étendue du territoire national. Depuis quelques semaines, l’agence créée en 2010 pour défendre les intérêts des consommateurs et veiller à l’amélioration de la qualité des services en matière d’accès à l’eau potable et d’énergie électrique au Gabon n’a pas cessé de dénoncer un ensemble d’anomalies et de dysfonctionnements, tout en rappelant à son partenaire ses responsabilités.

Sur sa page Facebook, par exemple, l’ARSEE est revenue sur les raisons des délestages en séries ayant occasionné des manifestations de colère des populations à Tchibanga, le 25 janvier dernier. D’après l’Agence, cette situation, plus ou moins régularisée à ce jour, était due à un problème technique à l’usine hydroélectrique de Bongolo, qui alimente les villes de Lébamba, Mouila, Tchibanga et Ndendé. «Depuis près de deux ans, le fonctionnement de cette usine connaît de nombreuses défaillances dues à la vétusté des équipements concourant à la production de l’énergie électrique. Lors de notre inspection sur le site de Bongolo, nous avons constaté que seul un groupe sur quatre installés est fonctionnel. Cette situation a fortement impacté la continuité des services dans les villes précipitées», lit-on sur la page de l’ARSEE, dont les responsables affirment avoir affecté, en février, deux groupes électriques de secours à Tchibanga pour résoudre le problème de coupures d’électricité.

L’Agence n’a d’ailleurs pas manqué d’interpeller la SEEG sur le sujet. Elle lui a demandé de «s’acquitter de ses tâches en référence à la convention de concession dans le but d’offrir aux consommateurs un service de qualité à savoir : la maintenance des groupes; la maintenance de la ligne de transport, le renouvellement des équipements de l’usine de Bongolo».

Entre amélioration du taux de desserte et augmentation de l’insécurité des usagers. © ARSEE

L’autre reproche fait par l’ARSEE à la SEEG, ce sont les branchements jugés dangereux dans plusieurs localités du pays. Au terme d’une récente visite à Port-Gentil, l’Agence n’a pas caché sa déception et sa colère. Sur sa page Facebook, elle a publié des images des branchements électriques réalisés par la SEEG sur la route de Tchengué à Port-Gentil. Pour l’Agence, l’initiative de son partenaire, visant à approvisionner les consommateurs à l’aide de câbles à peine suspendus au-dessus des toitures, «améliore le taux de desserte mais augmente l’insécurité des usagers». «Cette situation a pour conséquence des risques d’électrisation, notamment lors de l’introduction des unités EDAN, et des baisses de tension chez les abonnés du fait de la longueur des réseaux.»

Aussi l’ARSEE a-t-elle, une nouvelle fois saisi l’occasion pour interpeler la SEEG «afin qu’elle réalise une extension de réseau sur cette voie publique et mette en conformité le réseau en procédant au déplacement des branchements».