La plupart des ministres issus du Parti démocratique gabonais (PDG) ont présenté leur candidature au poste de membre du bureau politique dans leurs différents fiefs électoraux. Entre fraudes, achat d’électeurs et tentatives d’influence, ils se sont si bien impliqués qu’on croirait que leur maintien au gouvernement en dépendait.

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S’achemine-t-on vers un nouveau remaniement ministériel ? Le «distingué camarade» Ali Bongo aurait-il donné des consignes aux ministres issus de son parti politique, ou ces derniers craindraient-ils tout simplement de faire mauvaise impression aux yeux du président de la République, en ne prouvant pas qu’ils sont populaires dans leurs différents fiefs électoraux ?

Ces derniers jours, en tout cas, la plupart des PDGistes membres du gouvernement, y compris le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet et le porte-parole Alain-Claude Bilie-By-Nze, ont brigué des postes de responsabilité au sein de leur parti. La plupart souhaitaient être élus membres du bureau politique (MBP). Un poste perçu comme la preuve ultime et indéniable de leur popularité sur le terrain. Tous, lors de leur adresse aux militants, ont rappelé que le poste de MBP ne tire aucune rémunération. Ce n’est pas pour autant qu’ils n’ont pas hésité à faire ressurgir les vices bien connus du PDG, décriés lors de toutes les élections, y compris en interne.

Pour être certains de l’emporter face à leurs adversaires (pour ceux qui en avaient), des membres du gouvernement en lice pour le poste de MBP ont, en effet, dû recourir à la bonne vielle pratique consistant à acheter des voix dès le début des conseils provinciaux, quand d’autres n’ont pas hésité à amadouer les militants avec leurs dons. Le tout ponctué de reportages dans la presse. Venu le moment du vote, des «fraudes massives» ainsi que des «irrégularités» diverses ont été dénoncées par le secrétariat exécutif du parti qui n’a pas eu d’autre choix que d’invalider l’élection de certaines provinces, telles que la Ngounié et la Nyanga.

Et si les choses se sont relativement bien passées dans le Woleu-Ntem, il y a plus d’une semaine et, dans l’Ogooué-Maritime le week-end dernier, des cadres du PDG, à l’instar de Luc Oyoubi, ont déploré la résurgence des mêmes vices dans le Haut-Ogooué. Là, il s’agissait, a révélé l’ancien ministre, d’une «fraude massive dans le circuit des récépissés d’adhésion et de réinscription au  PDG dans le département de la Sébé-Brikolo». Il en est de même à l’Estuaire où, dans le premier arrondissement d’Akanda, Marie-Thérèse Vane conteste l’élection de Jean-Marie Ogandaga, l’actuel ministre de la Fonction publique, élu avec 680 voix contre 229 voix sur 400 votants.

Si chaque candidat élu au poste de MBP espère s’attirer les bonnes grâces du distingué camarade, l’implication des membres du gouvernement laisse penser que, comme pour le cas des législatives, ces élections au sein du PDG leur garantiraient la conservation de leur portefeuille ministériel.