Les accusant d’avoir fait une «participation de façade» lors du 1er tour des législatives et des élections locales du 6 octobre dernier, des membres de la société civile gabonaise ont estimé, mercredi, que les deux scrutins ne ce sont pas aussi bien passés que l’ont récemment déclaré les observateurs de l’Union africaine.  

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Des acteurs de la société civile gabonaise, le 10 octobre 2018, à Libreville. © Gabonreview/Capture d’écran

Contrairement à l’appréciation des observateurs de l’UA qu’ils accusent d’avoir fait une «participation de façade», des membres de la société civile gabonaise ont estimé, mercredi 10 octobre à Libreville, que «les élections du 6 octobre 2018 n’étaient pas transparentes, crédibles, honnêtes, fiables et inclusives». Mis à l’écart du processus électoral depuis le début, Georges Mpaga et les siens ont, en effet, présenté ces scrutins comme «une vaste opération de fraudes électorales à grande échelle», notamment, ont-ils prétendu, avec «les transports massifs des électeurs, les achats massifs des cartes d’électeurs, les achats, ralliements ou désistements de plusieurs candidats de l’opposition».

Pour les acteurs de la société civile gabonaise, «ces élections ont été une grande manifestation d’escroquerie électorale, de transgression criminelle des normes et principes démocratiques, et constituent une violation manifeste du Pacte international relatif aux Droits civils et politiques ainsi que de la Charte Africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance».

Et si au nom des observateurs de l’UA, l’honorable Mamedi Sidibé s’est satisfait, le 8 octobre dernier, d’élections dans une «atmosphère calme et pacifique» en dépit de «quelques manquements», la société civile gabonaise a jugé qu’«une fois de plus, le rôle de l’Union Africaine dans les processus électoraux en Afrique est discrédité. Sa compromission est évidente». Aussi, tout en évoquant d’éventuelles «poursuites judiciaires devant les tribunaux gabonais et saisine des instances internationales», la même société civile demande-t-elle à la communauté internationale «de n’accorder aucun crédit à ces élections frauduleuses et illégitimes».