En plus de violer les dispositions légales en la matière, l’apparition de la photo d’Ali Bongo sur l’affiche d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue laisse penser que le candidat du PDG aux législatives au 1er siège de la Lékoni-Lékori utilise le président de la République comme une sorte de béquille électorale.

L’affiche controversée d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue, candidat PDG aux législatives. © D.R.

 

Pourtant crédité d’un bon capital sympathie des populations de sa circonscription électorale, Ali Akbar Onanga Y’Obegue donne des signes de crainte. Il semble ne pas croire en ses chances de l’emporter devant le candidat du CLR Jean Assélé et l’indépendant Magloire Tchila, au point qu’il s’est senti obligé de faire intervenir Ali Bongo, comme pour se donner plus de force et de légitimité. D’autant qu’il n’a jamais manqué l’occasion de dire combien il est proche du président.

Sur une de ses affiches de campagne, le candidat du Parti démocratique gabonais (PDG) a, en effet, choisi de mettre en arrière-plan le président de la République plutôt que son suppléant Gabin Tsienemoni. «Une faute de débutant», jugent certains sur les réseaux sociaux. Pour d’autres, le choix de l’actuel ministre de la Fonction publique, en plus de porter atteinte à la personnalité du chef de l’Etat, désormais réduit au simple titre de suppléant non officiel, traduit une méconnaissance de la loi en la matière. Ce qui serait un comble pour le diplômé en droit qu’est Ali Akbar Onanga Y’Obegue.

En effet, l’article 71 de la loi n°7/96 du 12 mars 1996 portant dispositions communes à toutes les élections politiques indique, en matière de propagande électorale, que les affiches des candidats ne doivent comporter que la photographie du prétendant, le nom et le sigle de son parti ou du regroupement de partis qu’il représente. Pour les législatives, seules les photos du titulaire et celle de son suppléant doivent apparaître sur l’affiche. Pour peu qu’on veuille respecter la loi, Ali Akbar Onanga Y’Obegue est déjà passible de sanction, y compris de la part de la Haute autorité de la communication (Hac), en cela qu’il viole l’article 3 alinéa 3 de la Charte de bonne conduite.

Face au tollé provoqué par son affiche, le directoire de campagne de celui qui se présente comme «la relève» (d’Ali Bongo ?), a réagi. Il condamne une analyse «abusive et essentiellement fondée sur la volonté de nuire personnellement au candidat du 1er siège de la Commune d’Akiéni». Les internautes, selon le même directoire, tentent simplement «de noircir un homme qui a fait la démonstration de son engagement politique pour le Chef de l’Etat, le département de la Lékoni-Lékori et le Gabon entier».

Mieux, pour se défendre, l’état-major du candidat tente de faire comprendre aux «tenants de la critique systématique, stérile et malveillante» que la démarche d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue n’est pas nouvelle en politique. «En France, l’image d’Emmanuel Macron a bien été utilisée par la quasi-totalité des candidats LREM aux dernières législatives et locales sans que cela ne soit vu comme un mépris de la fonction présidentielle», tente-t-il d’expliquer sans grand succès.

Lors des locales de 2013, confronté à la même critique, Léandre Nzué, alors candidat du PDG au 2e arrondissement de Libreville, avait dû retirer son affiche disposée au rond-point de la Démocratie, sur laquelle apparaissait également l’image d’Ali Bongo.