Encore peu connu des populations gabonaises, notamment en dehors du domaine entrepreneurial, le financement participatif ou crowdfunding s’est invité en politique. Des candidats aux élections prévus cette année tentent de l’expérimenter avec plus ou moins de succès.

Elza-Ritchuelle Boukandou, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi et Jaurès Nguema Assoumou Mombe expérimentent le crowdfunding en politique. © Montage/Gabonreview

 

L’appel à contribution d’Elza-Ritchuelle Boukandou. © D.R.

Plus connu et plusieurs fois expérimenté sous d’autres cieux, à l’instar de l’Europe et davantage des Etats-Unis où Barack Obama y avait par exemple fait recours pour son élection à la Maison Blanche en 2009, le financement participatif des campagnes électorales reste peu courant au Gabon. Dans le pays, il est plutôt connu dans le domaine de l’entrepreneuriat, bien que peu de projets aient pu être financés par ce moyen.

Pourtant, les faibles résultats enregistrés en la matière n’ont pas découragé les politiques ayant récemment entrepris d’y faire recours dans le cadre des législatives et des locales prévues cette année. C’est notamment le cas de certains candidats, y compris ceux régulièrement investis par leur parti, à l’instar de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, Firmain Ollo Obiang et d’Elza-Ritchuelle Boukandou.

Si les deux premiers, en lançant en août leur appel public à contribution n’ont pas manqué d’indiquer que leur candidature au 2e arrondissement d’Akanda et au 2e arrondissement de Libreville est «portée par l’Union nationale et supportée par l’ensemble des forces politiques de la Coalition pour la nouvelle République» ; la seconde, candidate à Ndendé, dit ce mardi 4 septembre ne pas représenter uniquement son parti Pour le changement (PLC). «Je fais cet appel à contribution dans un élan participatif. Je voudrais faire participer mes électeurs et tous ceux qui croient en moi. Ma candidature n’est pas seulement porté par le PLC mais par tous ceux qui aspirent au changement», explique-t-elle.

L’appel à contribution de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. © D.R.

Dans leur expérimentation du crowdfunding en politique, les opposants Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, Firmain Ollo Obiang et Elza-Ritchuelle Boukandou ne sont pas les seuls. Ces derniers jours, des candidats indépendants leur ont emboité le pas, à l’instar de Jaurès Nguema Assoumou Mombe, jeune candidat aux législatives à Owendo, qui dit attendre des contributions de la part de ceux qui croient en ses projets.

Quid de la loi ?

Si le financement participatif est approuvé pour la campagne électorale des candidats dans d’autres pays, la contribution du public n’est pas moins soumise au respect de la loi, notamment en matière de traçabilité et de plafonnement. L’objectif étant que les différents candidats et partis politiques s’affrontent à armes égales. Au Gabon, cette première expérience se fait sans véritable cadre légal.

La loi gabonaise n’intègre pas encore le financement participatif pour les partis politiques, pas plus qu’elle ne limite les contributions. «La loi est muette sur la question des plafonnements du financement des campagnes électorales», regrette Elza-Ritchuelle Boukandou, disant réfléchir sur la question depuis quelques temps. «Si je suis élue, une proposition de loi sur le financement des campagnes électorales sera un de mes projets», annonce la candidate de PLC aux législatives à Ndendé.