Ni stratégie commune, ni pacte de non-agression. Depuis l’ouverture de la campagne, le 25 septembre dernier, une constante se dégage : les différentes formations politiques de la Majorité républicaine et sociale pour l’Émergence ne défendent pas ensemble le bilan à mi-parcours de leur chef de file. Au contraire, certains partis n’hésitent pas à prendre leurs distances avec le PDG. Que ce soit à travers les affiches de campagne ou au cours des causeries et meetings, ils se dézinguent allègrement. Morceaux choisis.

En «finir avec les mêmes maintenant», annonce le BDC de G.C. Mavioga, ex-porte-parole et toujours membre de la Majorité républicaine et sociale pour l’Émergence. © Gabonreview

 

Visiblement, ils n’ont pas une stratégie commune. Et cela peut être regrettable pour l’ensemble de leurs militants. Visiblement, ils n’ont nullement reçu des éléments de langage communs pour défendre l’action du chef de l’Etat et pour vanter éventuellement son bilan et son projet en cours d’exécution. PDG, CLR, RPG, BDC, USG, et même leurs nouveaux amis, SDG, JPEG ou RV, se rentrent dedans…Visiblement, il n’y a pas de pacte de non-agression pas entre ces formations politiques réunies autour d’Ali Bongo. Ce qui est tout de même… pitoyable ! Une observation des à-côté de la campagne permet aisément de noter de nombreuses curiosités au sein de la majorité.

Un affichage qui en dit long

Sur une affiche du Bloc Démocratique Chrétien (BDC) de Guy-Christian Mavioga, on peut lire : «En marche pour un nouveau Gabon». On peut donc lire, entre les lignes, que le Gabon actuel n’est pas celui de ses rêves. Sur une autre affiche, ce parti se dit déterminé à «en finir avec les mêmes maintenant». Les dirigeants actuels, leurs amis de la même écurie politique qu’eux, doivent-ils disparaître le 6 octobre prochain ?

Les affiches de certains candidats du Centre des libéraux réformateurs (CLR), à l’instar de celles de Louis-Marie Ngoua à Lalala dans le 5ème arrondissement de Libreville, annoncent : «Faire autrement». Ce qui sonne comme un cinglant désaveu à la politique menée actuellement sous l’égide de leur principal partenaire, le PDG. Bien que membre éminent de la majorité, le CLR s’affiche aujourd’hui, depuis la pré-campagne, comme le principal adversaire du PDG, «parti des voleurs, des faussaires et des truands».

Pire dans les causeries

Lors des causeries dans les quartiers, les candidats du CLR critiquent vertement les politiques publiques menées actuellement dans le pays. C’est à se demander si «les morceaux pourront être recousus» après les élections entre le CLR et le PDG ? Sauf si on est des stratèges de haute volée, on ne peut pas, avec autant de vigueur, dénoncer une politique, comme le ferait un parti d’opposition, et revenir s’asseoir sur la table de la majorité ? Les Sociaux-Démocrates Gabonais (SDG) ne sont pas en reste. Ils dénoncent, eux aussi, avec force, le bilan du gouvernement (à travers le PDG) qui n’a rien fait pour les jeunes, l’école, la santé, l’adduction d’eau, l’insécurité, le chômage massif des jeunes. Pourtant, on le sait, SDG est un parti de la majorité, à en croire la déclaration d’un de ses membres, Aloïse Békalé Ntoutoume, à la télévision, la semaine dernière, dans l’émission «Expression directe».

De même à Oyem, une candidate de l’Union socialiste gabonaise (USG) affirme qu’une fois élue à l’Assemblée nationale, elle se battra pour la prise en compte des doléances en matière d’éducation et de santé, «domaines trop délaissés par les pouvoirs publics». On retrouve ce discours de dénonciation et de condamnation dans les causeries des candidats de Jeunes patriotes Gabonais (JPEG) et du Rassemblement pour la Restauration des Valeurs (RV)…

Dans la même veine, on peut citer d’autres partis apparaissant objectivement comme des alliés du PDG, à savoir notamment Union et solidarité (US) de Jean de Dieu Moukagni Iwangou ou le Rassemblement héritage et modernité, tendance de Michel Menga, qui rêve ouvertement de la Primature. Ils ne se font pas prier pour sonner la charge contre leur allié objectif, le PDG, dont ils dénoncent les envies de fraude…

Il ne fait pas de doute que cette dernière semaine de campagne promet encore des attaques entre tous ces alliés. Une majorité divisée, des alliés objectifs qui ne ratent pas une occasion ! Chaud devant !