Invoquant un certain nombre d’écueils du point de vue de la loi, le département ministériel a annulé l’organisation du concours de miss, visant à élire une ambassadrice de la virginité.

Podium de compétition (image illustrative). © sarakha63-domotique.fr

 

Prévu du 3 juin au 5 août prochain à Libreville, l’élection «Reine des vierges du Gabon», n’aura plus lieu. C’est du moins ce qui ressort de la rencontre entre les organisateurs de cet événement et le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, la semaine dernière à Libreville.

En effet, les explications fournies par les responsables de l’Association des femmes missionnaires pour Christ (AFMC) et Femmes sages pour Christ (FSC), n’ont pas convaincu Roger Mengué Ekomie. Selon le responsable du ministère de l’Intérieur, cette démarche visant à élire une ambassadrice de la virginité à travers un concours de miss, comporte plusieurs écueils du point de vue de la loi.

Dans ce sens, il est reproché aux organisations le fait que l’activité qu’elles se proposent de mener ne correspond pas à leurs objectifs, s’inscrivant exclusivement dans le domaine de la religion. De plus, les deux associations ne disposent que d’un récépissé provisoire, ne leur conférant pas une personnalité juridique pour l’organisation de cette activité.

Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a estimé qu’«en entreprenant de recruter, de faire subir des examens médicaux à des mineurs qui n’ont pas encore le libre arbitre, pour rechercher un statut de virginité à l’effet d’organiser un concours, viole la législation en vigueur en matière de protection des mineurs en République gabonaise et porte atteinte aux bonnes mœurs».

Autant d’éléments qui, mis ensemble, ont motivé la décision du département ministériel, de ne pas laisser libre cours à ce concours. «Il est difficile de laisser prospérer une telle entreprise préjudiciable à la dignité et à la sécurité de ces mineurs et qui heurte notre contexte culturel, notre vivre ensemble…notre sociologie, en exposant ses jeunes filles à plusieurs risques», a conclu le ministère de l’Intérieur.

Une issue qui ravi certainement les détracteurs de l’élection «Reine des vierges du Gabon». En effet, les hypothèses les plus folles ont entouré l’annonce de cette initiative. Au-delà des risques auxquels auraient été exposées les filles, une fois sous les feux des projecteurs, d’aucuns ont avancé l’érection d’un réseau de prostitution de luxe. Ou encore un réseau de ravitaillement pour des organisations occultes.