Suspendu de ses fonctions en janvier 2015 pour des motifs qu’il juge injustes et motivés par des fins politiques, le pasteur Rostand Essono Ella de l’Eglise évangélique du Gabon (EEG) crie au viol des droits de l’Homme.

Dieudonné Minlama (OND) recevant la plainte, le 25 février 2015. © Gabonreview

Dieudonné Minlama (OND) recevant la plainte, le 25 février 2015. © Gabonreview

 

Son post sur sa page Facebook, relatif à la répression de la manifestation de l’opposition le 20 décembre 2014 à Libreville, avait été mal perçu par sa hiérarchie qui avait alors décidé de le suspendre de ses fonctions sans délai, mais non sans lui avoir enjoint de gommer ses attaques vis-à-vis de la force publique puis de présenter des excuses à l’Eglise évangélique du Gabon (EEG). Des exigences auxquelles le pasteur n’avait pas souhaité se soumettre jusqu’au mercredi 25 février 2015 lorsque, à la faveur d’une conférence de presse, il a réaffirmé sa détermination et décidé de porter l’affaire qu’il perçoit comme une injustice sous un tout autre plan.

Pour le pasteur Rostand Essono Ella qu’accompagnait l’ancien président de l’EEG, Jean-Marie Emane Minko, il s’agit désormais «de saisir la CICR, la CPI ou les organismes du système des Nations unies et diplomatiques sur une situation de flagrante violation des droits humains». Pour ce faire, l’homme d’église qui se présente comme un «opérateur de maintien de la paix (OMP)» s’en est remis à l’Observatoire national de la démocratie (OND), dont le responsable, Dieudonné Minlama, s’est dit surpris et attristé par l’image que renvoie depuis quelques années les différentes institutions religieuses au Gabon, tout en promettant de se consacrer pleinement à cette nouvelle mission.

Du point de vue de Rostand Ella, il n’y a plus de doute : le traitement qui lui est réservé ces derniers mois par sa hiérarchie, est dû à sa dénonciation de l’«immixtion intempestive des politiques dans le choix libre des présidents de l’Eglise évangélique du Gabon». Une dénonciation qui aurait particulièrement déplu à l’actuel président de l’EEG, dit-on, «imposé à travers les manœuvres diaboliques du pasteur Ndong Ekouaghe» et à qui il est reproché l’«affectation des pasteurs sans l’aval du bureau national, agressions, violences verbales et physiques, et l’octroi des marchés à son entreprise (Sogico) sans appel d’offre ni avis du conseil national». Dans le fond, selon Rostand Ella qui affirme ne pas souhaiter sortir de l’EEG, sa «suspension n’est qu’un fait de plus que l’on pourrait verser dans le panier de la dérive autoritaire manifeste (du président) et des malversations qui affectent sa gestion de l’Eglise».

«La sanction qui pèse sur ma vocation participe d’un vice de procédure», a-t-il affirmé avant poursuivre : «Elle est arbitraire, injuste, inique et impopulaire. Je crois aux lois et règlements de mon Eglise. J’en appelle à la sagesse des principes et textes qui régissent le bon fonctionnement de notre Eglise pour me rétablir dans mes fonctions.» De même, justifiant le choix de l’Observatoire national de la démocratie pour être rétabli dans ses fonctions, Rostand Ella qui a invité les uns et les autres au dialogue et à l’apaisement du climat social, a dit croire au projet de l’ONG qui appelle à «une réforme profonde de l’appareil de l’Etat, garant de la fiabilité des institutions, la crédibilité du pouvoir et l’alternance politique au Gabon». Les semaines à venir devront donc être consacrées à l’étude de ce dossier au niveau de l’observatoire.

 

 
GR
 

2 Commentaires

  1. Rudolphinemba dit :

    Hummm les hommes de Dieu leur mission est d’édifier les hommes sur la bible, Dieu et consor l’affaire qu’ils veulent déjà intégrer la politique franchement je ne voit ce qu’ils font là!! Laissez la politique aux politiciens et contentez vous des brebis égarées!!

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