Huit ans après les Etats généraux de l’Education et six ans après le Conseil présidentiel sur l’Education, sans résultat probant, le président Ali Bongo veut créer une «task force» pour sauver l’école gabonaise du naufrage. Et si le problème était ailleurs?

Une task force sur l’Education pour quel résultat ? © Gabonreview

 

Admettant à l’occasion de son discours à la Nation, «le sinistre» dans lequel est plongée l’école gabonaise, sans livrer ou détailler les causes de cette situation signalée depuis plusieurs années par les partenaires sociaux, Ali Bongo tente de reprendre à son compte une situation qui semble échapper à ses équipes.

«Notre système éducatif est en panne. Nous devons le réformer. J’en appelle ici comme ailleurs à une transformation en profondeur, car tout doit être remis à plat. Des mesures fortes et immédiates seront prises ! J’annonce également la mise en place dans les tous prochains jours d’une task force sur l’Education. Celle-ci sera chargée de faire des propositions fortes, concrètes et d’application immédiate, c’est-à-dire dès la rentrée prochaine», a déclaré Ali Bongo le 16 août 2018.

Le président de la République n’a pas jugé utile d’éclairer l’opinion sur ce que sont devenues les recommandations des Etats généraux de l’Education de mai 2010, contenues dans le «Pacte décennal 2010-2020 entre l’élite intellectuelle et l’élite politique nouvelle, pour l’émergence de l’école, de la formation et de la recherche au Gabon», ainsi que les conclusions du premier et unique Conseil présidentiel sur l’éducation convoqué en avril 2012.

La future task force sur l’Education doit «remettre le secteur de l’éducation à flot du primaire au supérieur, créer un lien entre système éducatif et monde de l’entreprise et revaloriser les filières professionnelles et techniques». Si l’ambition est noble et louable, le doute sur l’atteinte de cet objectif est plus qu’épais.

Où sont les salles de classes, les lycées techniques, les laboratoires ? Les différents plans d’urgence arrêtés pour la construction de l’architecture innovante du système éducatif du Gabon sont restés lettres mortes. L’architecture que promeut la Task force de l’Education pourrait-il proposer à l’école gabonaise autre chose que des échassiers pour le marathon de la modernité ? Si cette « grande réforme » échoue, il est à craindre que le Gabon n’échoue dans sa quête de se réformer.