Sans salaires depuis leur sortie de l’Ecole normale supérieure (ENS) et de l’Ecole normale des instituteurs (ENI) en 2015 et 2016, les enseignants de ces promotions qui réclament au gouvernement leur dû ont annoncé leur entrée en grève le 7 janvier.

Fridolin Mahanga et ses collègues, le 3 janvier 2019, à Libreville. © Gabonreview

 

Trois et quatre ans sans salaires. C’est le calvaire des promotions 2015 de l’Ecole normale supérieure (ENS) et 2016 de l’Ecole normale des instituteurs (ENI). Troublés par cette négligence mortifère, certains d’entre eux ont décidé de sortir de leur silence ce 3 janvier, pour interpeller le gouvernement sur leurs situations administrative et financière.

Ils rappellent au gouvernement que «le statut général de la Fonction publique, en son article 78, prévoit que l’agent public a droit à une juste rémunération après service fait.» Le porte-parole des enseignants ostracisés, Fridolin Mahanga, dit ne pas comprendre pourquoi leurs situations ne sont pas régularisées.

Selon ce dernier, cet état de fait a conduit à la mort plusieurs de leurs collègues «alors que dans les conditions fixées par les lois et règlements, l’agent public a droit à la protection sociale et sanitaire pour lui-même, pour son ou ses conjoints, ainsi que pour ses enfants à charge». Malheureusement, ces deux promotions ne sont pas prises en compte par l’assurance maladie «faute de matricules soldes».

Lassés par l’indifférence des autorités, après l’insuccès de «plusieurs démarches auprès des ministères concernés et voyant nos conditions de vie devenir de plus en plus insupportables, mettant en péril l’exercice de nos fonctions, nous lançons une grève illimitée dès la reprise des cours», a-t-il annoncé.

Prévu pour le 7 janvier, le début des cours du deuxième trimestre risque donc de connaître des perturbations. Si les enseignants n’ont rien dit sur le dépôt d’un éventuel préavis de grève à la tutelle, ils espèrent que les perturbations soient effectives. Fridolin Mahanga et les siens comptent sur «la solidarité corporative».