Echaudées par la situation actuelle de l’école gabonaise, les femmes de la Dynamique unitaire ont haussé le ton, le 8 mars à Libreville.

Les femmes syndicalistes ont célébré la journée internationale de la femme ce 8 mars à Libreville. © Gabonreview

 

Célébrant la journée internationale de la femme au plan local, sur le thème «L’engagement de la femme dans la lutte syndicale», les femmes de la Dynamique unitaire ont saisi cette occasion pour dénoncer la décadence actuelle au sein du secteur éducation. Brisant le silence au nom de la défense des droits de la femme et de l’enfant, elles ont estimé le lot de violences trop important pour se taire.

«Les dirigeants de ce pays excellent volontairement dans toutes les formes de violences et de cruauté, autant sur les adultes que sur la jeunesse ; violences et cruauté qui ont atteint leur paroxysme du 31 août au 6 septembre 2016, après les élections présidentielles», a déclaré un membre de la confédération syndicale.

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Selon Isabelle Ozoumey, cette option criminelle est une menace face à laquelle «garder le silence et pleurer secrètement dans nos maisons. En gros, c’est être spectatrices silencieuses de la destruction de la vie de nos enfants». Assez pour dire «non à la violence armée perpétrée sur nos enfants et sur la jeunesse gabonaise, non à l’injustice, non à la violation des droits de l’enfant, non à la violation des droits humains, non à la violation de la Constitution, non à l’école à deux vitesses», a-t-elle affirmé, notant que les assauts musclés dans les établissements scolaires sont légions.

Dans la même veine, la plateforme des femmes du Gabon, conduite par Nathalie Zemo-Efoua, a salué l’engagement de la femme syndicaliste. De même qu’elle s’est dite excédée par «la bamboula» faite par les gouvernants du pays. Elle a estimé inadmissible de se préoccuper des évènements de réjouissances comme la Coupe d’Afrique des nations, la course cycliste Amissa Bongo ou encore l’organisation du mini carnaval avec les danseuses brésiliennes, «alors qu’il y a de sérieux problèmes dans l’éducation», s’est-elle indignée. D’où le slogan que les femmes ont répété en chœur : «Non à la bamboula, oui à une éducation de qualité».

Sans se limiter à un message, Nathalie Zemo-Efoua, accompagnée de la galaxie des femmes regroupées dans les associations représentées dans la plateforme, a donné une autre dimension à l’onde de générosité et de solidarité manifestée chaque jour à l’intention des enseignants en grève, radiés ou ceux dont les salaires ont été suspendus. Des vivres essentiellement ont suffi pour régénérer la détermination des enseignants à tenir ferme.

Auteur : Alain Mouanda