Intitulé «Rendre des comptes dans l’éducation : tenir nos engagements», le rapport mondial de suivi de l’éducation (GEM) 2017-2018 a été présenté le 16 novembre à Libreville.

Le ministre de l’Éducation nationale, Nadine Patricia Anguille épouse Obame et le chef de bureau et représentant de l’Unesco Fazzino Vincenzo au lancement du rapport mondial de suivi de l’éducation (GEM) 2017-2018, le 16 novembre 2017. © Gabonreview

 

Le représentant résident de l’Unesco, Fazzino Vincenzo, a procédé le 16 novembre à Libreville, au lancement officiel de l’édition du rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) 2017-2018. Le document s’intitulé «Rendre des comptes dans l’éducation : tenir nos engagements».

Organisée en présence des acteurs du système éducatif gabonais, cette initiative avait pour objectif d’éclairer les décideurs sur les différentes manières de rendre des comptes, en fonction du contexte. Il s’agissait également de présenter les avantages et les inconvénients de chaque méthode, de partager les principales recommandations concrètes formulées dans ce rapport destiné aux responsables en charge des politiques nationales, régionales et mondiales de ce secteur.

Il était aussi question de mieux faire connaître le GEM aux acteurs de l’éducation et d’asseoir son rôle, en tant qu’instrument de plaidoyer essentiel pour suivre les progrès réalisés en direction des cibles des Objectifs de développement durable (ODD), en rapport avec l’éducation.

Les acteurs de l’éducation au lancement du rapport mondial de suivi de l’éducation (GEM) 2017-2018, le 16 novembre 2017. © Gabonreview

Selon le représentant de l’Unesco, l’édition 2017-2018 du GEM souligne que «le nombre croissant de personnes accédant à l’éducation, ainsi que les sous-performances constatées en matière d’apprentissage, ont mis en évidence certaines défaillances chroniques des services et de la qualité de l’enseignement. Ces difficultés, auxquelles s’ajoutent des budgets d’éducation serrés et l’importance croissante accordée au rapport qualité/prix dans le monde, ont incité les pays à chercher des solutions. Une plus forte obligation de rendre des comptes arrive souvent en tête de liste».

Dans un tel contexte, comment envisager l’atteinte de l’ODD 4 ? Selon les conclusions du Rapport GEM 2017-2018, en Afrique subsaharienne, seulement un enfant sur dix démontre des compétences de lecture de base ; 100 millions de jeunes dans le monde sont analphabètes ; un enseignant sur sept n’a jamais suivi la moindre formation ; des millions d’élèves doivent suivre des cours dans une langue qui n’est pas leur langue maternelle, et qu’ils comprennent mal. Entre temps, la part globale de l’éducation dans l’aide au développement a baissé pour la sixième année consécutive. Tandis qu’un gouvernement sur quatre ne respecte pas ses engagements en matière de financement de l’éducation.

S’agissant du Gabon, le ministre de l’Éducation nationale a dressé un tableau sombre des maux minant le bon fonctionnement du système éducatif gabonais, ainsi que les obstacles à l’atteinte des ODD4. Nadine Patricia Anguile a notamment évoqué l’absence de cohésion entre les différents acteurs ; la circulation insuffisante de l’information dans la chaîne de responsabilité, insuffisance des données fiables d’aide à la décision ; les fléaux sociaux (drogues, violence insécurité) ; la sexualité précoce des jeunes qui les expose aux VIH, grossesses précoces et à la pauvreté.

En 2018, la deuxième édition du Rapport GEM poursuivra l’évaluation des progrès accomplis en vue de la réalisation de l’ODD relatif à l’éducation (ODD 4) et des 10 cibles correspondantes, ainsi que d’autres cibles en rapport avec l’éducation. Le rapport traitera également de l’obligation de rendre des comptes en matière d’éducation, examinant comment l’ensemble des acteurs concernés peuvent assurer une éducation plus efficace, efficiente et équitable.

Découvrez le Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2017/2018 ici.