Au moment où se déroulent les épreuves écrites du Baccalauréat, et quelques jours après les examens du BEPC et du CEP, l’Unicef et ses partenaires nationaux s’inquiètent du taux de décrochage scolaire au Gabon. Une situation qui aurait plusieurs conséquences néfastes dans la société.

En 2013 au Gabon, le taux de décrochage scolaire était de 4,5% selon le RGPL. © Unicef

 

Le décrochage scolaire s’accentue et se banalise. Si l’on n’y prend garde, le phénomène pourrait prendre des proportions encore plus inquiétantes. Il pourrait devenir une véritable «plaie» pour la société gabonaise, se sont récemment inquiétées la direction générale des Œuvres scolaires (DGOS) et le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef). Les deux structures se sont penchées sur la question il y a quelques mois, et ont décidé d’initier une étude en décembre 2016. Les résultats de celle-ci, jugés «inquiétants», ont été présentés aux représentants du ministère de l’Education nationale ainsi qu’aux travailleurs sociaux, aux psychologues scolaires et aux agents chargés de l’orientation des élèves.

Evalué à 4,5% à la suite du Recensement général de la population et du logement (RGPL) en 2013, le taux de décrochage scolaire a connu une augmentation ces dernières années. L’enquête de la DGOS et de l’Unicef, menée dans les différentes provinces du Gabon, montre que la province de l’Ogooué-Ivindo est celle qui enregistre le plus fort taux de décrochage avec 16,7%, tandis que la Nyanga enregistre le taux le plus faible avec 5,5%. Parmi les provinces les plus touchées par le phénomène, l’on cite la Ngounié (13,7%), l’Ogooué-Maritime (11,7%), le Moyen-Ogooué (11,6%), l’Estuaire et le Haut-Ogooué (11,4%). L’Ogooué-Lolo (9,9%) et le Woleu-Ntem (8,1%) sont les provinces les moins impactées  Selon les enquêteurs, les principales causes ayant exacerbé le phénomène sont : «le manque de moyens financiers des parents, la perte progressive de convivialité du milieu scolaire, l’absence de motivation de la part des élèves». Face à l’ampleur de ce décrochage, la DGOS et l’Unicef s’inquiètent de la croissance de la délinquance juvénile dans les villes du pays et du chômage grandissants des jeunes.

En avril 2016, lors des travaux de la 57e session ministérielle de la Conférence des ministres de l’Education des Etats et gouvernements de la Francophonie (Confemen), le ministre de l’Education nationale avait dit avoir réfléchi aux solutions permettant de résorber le phénomène. «Nous avons introduit un certain nombre de projets innovants tels que l’approche par les compétences de base au primaire et dans l’enseignement technique et professionnel, l’apprentissage de type dual dans l’enseignement technique et professionnel, et les classes de remédiation au primaire», avait énuméré Florentin Moussavou, sans qu’on ne sache si ces solutions sont efficaces sur le terrain.

Si au Québec, où l’expression a été utilisée pour la première fois, par le ministère de l’Education en 2004, le décrochage scolaire est défini par «l’arrêt (par abandon) d’études secondaires avant l’obtention d’un diplôme», au Gabon, elle se définit comme «l’arrêt brusque et momentané de l’école avant l’âge de 16 ans» quand «l’abandon scolaire» renvoie à «l’arrêt définitif de l’école sans diplôme avant l’âge de 16 ans».