Face à l’intervention «musclée» des forces de l’ordre sur la marche pacifique des élèves des lycées et collèges de plusieurs chefs-lieux de provinces, le 20 février 2017, Jean Ping dénonce une «terrible répression» qui s’est abattue sur les enfants.

Jean Ping en déplacement au quartier Plein-Ciel auprès des sinistrés des inondations. © D.R.

 

Le 20 février 2017, les élèves du Gabon sont, une nouvelle fois, descendus dans les rues des principales capitales provinciales du pays pour manifester leur solidarité envers leurs enseignants. Ils réclament des solutions rapides à leurs doléances ainsi que de meilleures conditions d’apprentissage. Face à cette sortie simultanée, dans plusieurs villes du pays, les forces de l’ordre ont été déployées et sont «brutalement» intervenues pour interrompre la marche pacifique des élèves, avec matraques et gaz lacrymogène, occasionnant des blessés.

Dans un post sur sa page Facebook, Jean Ping a fustigé ce comportement face aux élèves. «Je dénonce aujourd’hui haut et fort la terrible répression qui s’abat en ce moment même sur nos enfants à Port-Gentil, Lambaréné, Oyem et peut-être ailleurs encore dans le pays», a-t-il écrit dans ce texte à travers lequel il a rappelé que «nos jeunes Gabonais, privés d’école depuis le début de la crise post-électorale, en septembre 2016, se sont mobilisés aujourd’hui avec succès pour manifester pacifiquement leur droit à l’éducation».

Dans leur marche pacifique, les élèves comptaient se rendre aux gouvernorats, pour ce qui est des provinces, et à la Primature en ce qui concerne Libreville. L’objectif de cette mobilisation était d’obtenir le retour des enseignants dans les salles de classe, le paiement de leurs bourses, l’annulation de la décision de suspension de salaire des enseignants, ainsi que la satisfaction des revendications de ceux-ci par l’État.

Jean Ping relève pour le déplorer que c’est de nouveau par une violence qu’il qualifie de «sanglante» que s’illustre «ce régime dictatorial et moribond» qu’ils veulent chasser du pouvoir. Au regard de cette brutalité, ce dernier a interrogé les parents d’élèves sur l’utilité du dialogue politique en cours de préparation. «Quel dialogue voulez-vous mener avec ces gens-là qui s’en prennent aujourd’hui à nos enfants?», a-t-il demandé, en prenant à témoin la communauté internationale. Jean Ping l’a exhorté à cesser tout soutien au régime de Libreville : «arrêtez de soutenir cet imposteur et punissons ensemble les auteurs de ces crimes !».

La «coalition, toujours unie, n’a d’autre ambition que de préparer un avenir meilleur pour notre peuple, dans un esprit d’ouverture et de coopération avec les alliés qui nous auront soutenus», a réaffirmé le leader de l’opposition. Cette sortie des lycéens est perçu Jean Ping comme un pas de plus dans la consolidation de la résilience. Chaque jour de Résistance nous permet d’avancer un peu plus vers la victoire», a-t-il psalmodié.