A l’issue de l’examen de l’évolution du système éducatif gabonais, le 25 février 2017, la fédération nationale des associations des parents d’élèves et d’étudiants du Gabon s’est inquiétée des risques pesant sur le secteur de l’éducation et de l’enseignement, en raison de la crise actuelle.

Les membres du bureau de la Fenapeg autour de leur président René Mezui-Menie, le 25 février 2017. © Gabonreview

 

Les conclusions issues des rapports des présidents des bureaux provinciaux et ceux des bureaux des associations des parents d’élèves de base dans l’ensemble du territoire sont unanimes et sans équivoque : «l’école gabonaise va très mal». Elle serait agonisante, à les en croire. Pour ces associations, l’école gabonaise n’arrive plus à satisfaire le peuple, et les grèves à répétition initiées par les syndicats du secteur n’en sont que des conséquences.

«Aujourd’hui, nous parents, nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper que la mort annoncée de l’école gabonaise est inéluctable», a assuré René Mezui-Menie, le 25 février 2017, à la faveur d’une sortie à Libreville. Convaincu de ce que la crise actuelle pourrait s’empirer compte tenu des positions du gouvernement face à la détermination des enseignants grévistes, le président de la Fenapeg a notamment regretté le fait que «depuis quelques temps, aucune action de revendication n’est autorisée». Aussi, a-t-il mis au défi les autorités et les enseignants d’«apporter la preuve du contraire» de leur prédiction.

Selon les statistiques issues des rapports de la Fenapeg, «la grève des enseignants est suivie à près de 90% dans le secteur public et un peu moins de 50% dans le secteur privé». Une résultante de la non-satisfaction par les autorités du cahier de charges présenté par les syndicats de l’éducation depuis plusieurs années. Ainsi, la crise actuelle du secteur serait due, entre autres, à l’insuffisance des infrastructures scolaires, l’absence de mobilier (tables-bancs et autres tableaux), l’intégration dans le système scolaire des doubles flux faisant exploser les effectifs pléthoriques, le non-paiement de la scolarité des élèves transférés par l’Etat dans les établissements privés et leur exclusion par ces derniers, la réduction drastique des subventions allouées aux établissements privés confessionnels avec pour conséquence l’augmentation des frais d’écolage à la charge des parents, le non-paiement régulier des bourses des établissements secondaires depuis 2 ans, les examens et concours organisés dans une confusion indescriptible et en total déphasage avec le niveau réel des différents élèves ainsi que «la validation éhontée des années scolaires sans aucun scrupule»…

«Nous les parents, nous ne sommes pas prêts à accepter ce dictat d’où qu’il vienne, c’est pourquoi nous demandons expressément au gouvernement, aux syndicats grévistes ainsi qu’à l’ensemble des acteurs concernés par les questions d’éducation et de formation, à se mettre dans les meilleurs délais autour de la table de négociation, pour trouver des solutions qui s’imposent en pareilles circonstances, de manière à ramener la sérénité dans ce secteur, faute de quoi, la Fenapeg (…) se réserve le droit de mener des actions d’envergure si son appel ne reçoit aucun écho favorable», a prévenu René Mezui-Menie, invitant l’Unesco, l’Unicef et les organismes concernés par les questions d’éducation, de culture, de formation et de l’enfance à rompre leur silence et à se saisir de la situation jugée «gravissime» que connaît le système éducatif gabonais depuis plusieurs années, tels qu’ils l’ont fait par ailleurs.