Au cours de leur rassemblement dit de «démonstration», le 27 février 2017, au stade de basket d’Awendjé, les enseignants membres de la Conasysed, plus nombreux que d’habitude, ont adressé leur remerciement au ministre de l’Éducation nationale, pour l’effectivité de la suspension de salaires et radiation des enseignants.

Le délégué général Simon Edzo, au cours du grand rassemblement du 27 février 2017. © Gabonreview

 

Très mobilisés et déterminés à conduire leurs revendications jusqu’au bout, les membres de la Convention nationale des syndicats de l’éducation nationale (Conasysed), ont réaffirmé, le 27 février, leur exigence : Le départ du ministre de l’Education nationale, Florentin Moussavou.

Selon le délégué général de ce syndicat, Simon Edzo, Florentin Moussavou aurait permis à lui seul la revitalisation de la Conasysed ; l’arrêt des cours dans plusieurs établissements, depuis le 27 février, en soutien aux «807 + 19» enseignants suspendus et radiés de la fonction publique. Cette attitude du ministre de l’Éducation nationale, favorisera également une énorme dépense dans le budget de l’État, pour le règlement futur des dommages et intérêts, qu’il aurait occasionnés auprès de ses partenaires sociaux, assurent les syndicalistes.

Les enseignants venus assister à la mobilisation de démonstration, le 27 février 2017. © Gabonreview

«Nous sommes surpris de constater que les mesures de menace, d’intimidation, de suspension de salaires, et de radiation n’ont pas apporté de résultats escomptés. Nous pensons qu’elle devait ramener les enseignants dans les salles de classe ; offrir des tables-bancs aux écoles, régler la PIP et les vacations. Malheureusement ça n’a pas été le cas. Nous remercions le ministre Florentin Moussavou de nous avoir permis de mobiliser assez de monde à ce rassemblement», a ironisé pour sa part Marcel Libama.

En plus d’être mal pensée et d’être en violation avec les textes nationaux et internationaux, régissant le droit de grève en République gabonaise, la mesure de suspension de salaire et de radiation aurait également été mal appliquée, selon les syndicalistes. Elle touche également des agents n’ayant aucune relation avec le syndicalisme, leur tort serait d’être simplement enseignant.

«Cette décision est inique et injuste parce que, parmi ces enseignants suspendus, on retrouve ceux qui sont en stage à l’ENS, les fonctionnaires en stage à l’extérieur, même ceux affectés dans les provinces où il n’y a pas eu grève, à l’instar du Haut-Ogooué. Comment peut-on comprendre que cette catégorie d’enseignant soit touchée par cette suspension», a critiqué Marcel Libama.

«Ce n’est que le début d’un processus. Nous sommes au stade de vaincre ou mourir. Si le gouvernement ne s’active pas à l’arrêter maintenant, il s’étendra à tous les secteurs. Après le départ de Florentin Moussavou du gouvernement, le payement de nos salaires, nous pourrons examiner la possibilité de reprendre les négociations, s’il y a possibilité de reprendre les cours», a assuré Simon Edzo.

Au terme du rassemblement des enseignants, une délégation de la Conasysed a été reçue au ministère de l’Education nationale, pour une réunion préparatoire de la rencontre sollicité par le Premier ministre Issoze Ngondet.