Livré dans le cadre des infrastructures prioritaires relatives à l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football, en 2012, l’échangeur de Nzeng-Ayong est en danger. Le bas-côté droit, en allant vers le PK5, subit la rudesse des intempéries avec l’arrivée des pluies.

La cavité s’enfonçant sous les fondations de l’échangeur après chaque pluie. © Gabonreview

 

Pourtant expertisé, livré et réceptionné par l’Etat gabonais, l’échangeur de Nzeng-Ayong est victime des affres de l’érosion. Un peu plus de cinq ans seulement après sa livraison, une partie de la voie bitumée, près de l’école Bambino Village, commence à s’effondrer.

Les précipitations de ces derniers jours ont  accentué la dégradation de cette infrastructure, considérée par certains riverains comme un «travail bâclé». «Je ne sais pas si cet échangeur a même cinq ans. Mais, regardez-vous-même ce qui se passe. C’est carrément du travail bâclé, mal fait», a fulminé un habitant de la zone.

En face de l’Ecole Bambino village, les eaux de ruissellement creusent, de manière insidieuse, le trottoir et l’excavation s’avance inexorablement vers la route bitumée. De la tuyauterie servant certainement au transport de la fibre optique et à la distribution d’eau pourrait lâcher à tout moment. «Regardez comment l’eau creuse. La chaussée pourrait s’effondrer à tout moment, mais personne ne bouge », s’indigne une vendeuse de légumes.

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Si une barrière de sécurité a été installée avec un panneau annonçant une déviation de la circulation, les riverains ne comprennent toujours pas pourquoi rien n’a été fait depuis que «cette catastrophe se prépare». «On aime bien jouer les médecins après la mort dans ce pays », a fustigé un chauffeur. «La route se dégrade à vue d’œil, et ce n’est pas seulement ici. Il y a aussi avant la station Pétro-Gabon de la Cité de la démocratie. Le président passe dessus, le Premier ministre et ses ministres, le maire, etc. passent dessus, mais personne ne bouge le petit doigt. On attend de nous faire de grands discours après une éventuelle catastrophe qui va encore endeuiller de nombreuses familles ?», a-t-il ajouté.

«L’échangeur de Nzeng-Ayong risque de surprendre», a lâché un chargeur de taxis clando du coin. «En voyant ce qui se passe, on a peur de se réveiller un jour avec un drame. Il y a beaucoup d’eau qui passe sous cet échangeur, surtout en saison de pluie. Ici, tout s’inonde, même les jardins à côté», a déclaré un riverain, scandalisé par la cavité qu’il découvrait comme la plupart des passants.

Avec cette dégradation, l’on peut aisément se poser des questions sur la qualité de l’expertise des entreprises adjudicataires de certains grands travaux dans le pays. Mais au-delà, l’Agence nationale des Grands travaux et des Infrastructures (ANGTI) a-t-elle joué son rôle ? Y a-t-il des missions de vérification et de contrôle effectuées régulièrement sur ces infrastructures pour éviter de telles surprises ? Comment une infrastructure de cette ampleur peut-elle se dégrader, cinq ans seulement après sa livraison ? Qui va payer la note de la réfection ?