Pourquoi la capitale gabonaise est-elle autant en proie aux coupures d’eau et d’électricité ? Pour le directeur général délégué de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), la situation découle, en grande partie, des faiblesses liées au fonctionnement des équipements et ouvrages au-delà de leurs capacités nominales et, aux manques de maintenance ou de renouvellement.

Vue de siège de la SEEG à Libreville. © Gabonreview

 

Un mois après avoir pris les rênes de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), Marcellin Massila Akendengué est revenu sur les causes des perturbations en eau et en électricité dans la capitale gabonaise. S’agissant de l’eau, le directeur général délégué de la SEEG a relevé que la demande est ainsi depuis les années 2005-2006. «A ce jour, nous avons une production moyenne de 230 000 m3j pour des besoins estimés à 280 000 et 300 000 m3/j», a expliqué Marcellin Akendengué dans une interview parue dans L’Union du 27 mars.

Selon le responsable de la SEEG, la pose de la canalisation DN 1200 entre Ntoum et Libreville est nécessaire pour rétablir cet équilibre de manière durable. Tout comme la construction de la future station de Ntoum devant fournir près de 140 000 m3/j. «La canalisation DN 1200 entre le site de production de Ntoum et Libreville a été mis en exploitation en 2014 pour un coût de 74 milliards de francs CFA, entièrement financés par l’Etat gabonais», a rappelé le patron de la SEEG. Entièrement financés par l’Etat, les travaux de l’usine de traitement d’eau de Ntoum 7 ont été lancés, mais sont actuellement à l’arrêt.

Marcellin Akendengué (2e en partant de la gauche) lors de sa prise de fonction, le 19 février 2018 à Libreville. © Gabonreview

En attendant une hypothétique reprise des travaux, des solutions palliatives ont été envisagées. Notamment, la réparation des fuites et la remise en état des forages et équipements de pompage, à l’arrêt depuis quelque temps. «Ces deux actions fortes devraient nous permettre d’améliorer progressivement l’alimentation en eau des quartiers mal desservis à Libreville et, de relever le rendement technique en eau, qui est de 52%, loin des standards du métier qui se situent en général aux environs de 75-80%», a affirmé Marcellin Akendengué. Par ailleurs, un investissement est également prévu sur l’ancien site de CimGabon, non loin de Ntoum. Celui-ci consistera à récupérer les eaux sur cette zone et traiter avec une station dédiée. «Cette production viendra accroitre de près de 18 000 m3/j nos capacités actuelles», a insisté le directeur général de la SEEG.

En ce qui concerne l’électricité, là aussi, Marcellin Akendengué a révélé les causes des nombreuses des coupures dans l’agglomération de Libreville. Il s’agit essentiellement des perturbations atmosphériques causées par des décharges de foudres sur les lignes de transport à très haute tension (90 et 225 kV). Et, des dysfonctionnements du système de protection des réseaux. «Ces équipements de protection ont fonction de protéger et de sauvegarder nos ouvrages tels que les transformateurs de puissance ou les groupes de production. Mais également, les installations des clients par leur mise hors-tension automatique et l’élimination du coureau de défaut», a détaillé le directeur général de la SEEG. Or, cette période de mars, particulièrement orageuse, le réseau est susceptible d’être perturbé à tout moment.

Par ailleurs, le patron de la SEEG a rassuré la clientèle que la situation actuelle ne connaitra pas de dégradation. En effet, au terme d’un travail d’inspection réalisé ces dernières semaines, un plan d’action a été élaboré. Toutefois, «les problèmes techniques difficultés de tout ordre sont très nombreux. Leur résolution va nécessiter du temps et des moyens conséquents, afin de rendre au Gabonais le service public à la hauteur de ce qui leur est dû (…) Aussi, je sollicite la compréhension et la patience de la clientèle», a conclu Marcellin Akendengué.